RMC

Terrorisme: "Mettre trois personnes en permanence derrière un fiché S, on n'a pas les moyens"

Radouane Lakdim, l'assaillant jihadiste de Trèbes, était fiché S depuis 2014. L'Etat a-t-il failli dans sa surveillance? Pour la GG Marie-Anne Soubré, il est impossible de surveiller de près tous les fichés S.

L'assaillant jihadiste Radouane Lakdim était convoqué à un "entretien d'évaluation" dans le cadre de son suivi par les services du renseignement: l'enquête continue ce mardi de révéler les limites du suivi des radicalisés, quatre jours après les attaques dans l'Aude.

Tué vendredi lors de l'assaut du GIGN, Lakdim, petit délinquant radicalisé de Carcassonne, était fiché "S" (pour "sûreté de l'Etat") depuis 2014 et inscrit depuis novembre 2015 au Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) en raison de ses liens avec la mouvance salafiste locale.

"A quel moment enfermer les gens?"

Le débat est donc relancé sur une possible faillite de l'Etat dans sa surveillance. Pour Marie-Anne Soubré, la situation des fichés S est délicate:

"Le fichage S, ça marche et ça ne marche pas: on identifie les gens mais on ne sait pas quoi en faire. Depuis cet attentat, c'est la boite de Pandore ou le concours Lépine. Tout le monde invente des trucs. Le Guantanamo à la française revient sur le tapis, mais il faut une incrimination pour enfermer les gens. A quel moment peut-on enfermer les gens? Manuel Valls propose d'interdire le salafisme. Et à côté de ça, l'ancien directeur de la police nationale, Frédéric Péchenard qui connait un peu la situation dit que tout cela est impossible".

"On se dit qu'il y a eu une faillite, que le gars avait été identifié qu'il aurait dû être placé en détention mais pour le moment, on n'en sait trop rien. Après, ok, on leur met un bracelet électronique. Mais à Saint-Etienne du Rouvray, c'était un terroriste sous bracelet électronique. Donc soit on les enferme mais il faut trouver comment on les enferme et sous quelle incrimination. Mais si tu les laisses libres il faudrait mettre deux ou trois personnes en permanence derrière un fichier S? On n'a pas les moyens!", a aussi pointé la GG.

P.B.