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Triche au bac: "Le téléphone, c'est comme un mini-ordinateur"

Les épreuves écrites du bac débutent ce mercredi avec la philosophie pour des centaines de milliers de candidats. Et si les élèves se préparent, c'est aussi le cas des examinateurs mobilisés sur tout le territoire pour faire face à toute éventuelle tricherie. Triche qui use de plus en plus les nouvelles technologies à l'honneur…

J-1 avant le début du baccalauréat. Stressés ou non, au milieu de leurs dernières révisions, les lycéens préparent certainement leurs trousses et leurs cartables. Mais peut-être aussi leurs antisèches... Si les tricheurs "ne représentent qu'une proportion très marginale des candidats, environ 0,1 pour 1.000" selon le ministère de l'Education, ils existent. Et cette année, les examinateurs seront particulièrement vigilants aux nouvelles technologies.

En effet, selon les chiffres de l'Education nationale, la première des fraudes est celle via les smartphones ou les MP3 (30,9%), puis vient l'ancestrale antisèche (27,6%) et enfin la communication entre les candidats à 5,4%. Christophe, élève de terminale ES, le confirme: le meilleur ami des tricheurs est bien le téléphone portable. "Le téléphone, c'est comme un mini-ordinateur. On a accès à Internet, on peut aller sur Wikipédia pour avoir des précisions sur un événement. Par exemple, en tapant juste 'Crise d'Algérie' et 'retour de De Gaulle au pouvoir', on a suffisamment d'informations pour broder quelque chose".

"La fraude aux examens est un délit"

Avoir réponse à tout en un claquement de doigt, le rêve de tout candidat. Mais pour Léa et ses amis, pas question de céder à la triche. Elle prendra toutes les précautions pour ne pas commettre l'irréparable pendant les épreuves: "Le hic c'est que les profs peuvent nous fouiller. Et s'ils trouvent ton téléphone, même si tu ne l'as pas utilisé, c'est pareil que si tu trichais. Du coup, je pense que je vais le donner à quelqu'un qui va le mettre dans son sac pour ne pas être tentée".

Une tentation qui peut coûter très cher comme l'explique Vincent Goudet, directeur du Service inter-académique des examens et concours d'Ile-de-France: "La fraude aux examens est un délit. Des sanctions très lourdes sont prévues, jusqu'à cinq ans d'interdiction de passer le bac ou cinq ans d'interdiction de s'inscrire à l'université. Il vaut donc mieux passer le bac sans tricher d'autant plus que le ratio coût/efficacité n'est pas en faveur des candidats". Pourtant, ces sanctions qui peinent à enrayer une tendance à la hausse : l'année dernière, les cas de triches au bac ont en effet grimpé de 10%

Maxime Ricard avec Constantin de Vergennes