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Un ancien inspecteur général de l'Education nationale dénonce l'inaction face à l'islamisme à l'école

Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur général de l'Education nationale, publie un livre pour dénoncer l'inaction contre l'islamisme à l'école publique.

"Comment on a laissé l'islamisme pénétrer l'école". Le titre de ce livre n'est pas une interrogation de l'auteur Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur général de l'Education nationale, mais serait une constatation. Il avait signé un premier rapport officiel il y a 16 ans sur le communautarisme à l'école, après avoir été choqué en 1996 que des enfants scolarisés dans Lyon intra-muros aient été poussé vers la sortie d'un collège en raison de leur foi. "Un déclencheur", selon lui.

Il publie en 2020 ce livre, sur un constat qui reste le même. "En 16 ans les choses se sont même aggravées et étendues", note-t-il. "En particulier à l'école primaire, ce qui n'existait pratiquement pas en 2004", explique-t-il ce lundi dans Les Grandes Gueules.

"Chez elle n'a le droit de ne lire qu'un seul livre qui est le Coran"

Dans son essai, il revient avec des exemples précis de cas où la laïcité ne serait pas respectée au sein de écoles de la République.

"Je donne l'exemple très précis d'une fillette de CM2 qui arrive voilée à l'école, dont le père est disons salafiste pour simplifier, prédicateur dans une mosquée. Il lui interdit de participer aux activités de musique. Et qui au collège sera dans un institut privé religieux. Alors que c'est une gamine qui a un avenir magnifique, elle veut devenir pédiatre, elle lit énormément elle dévore tout ce qu'il y a à l'école. Mais chez elle n'a le droit de ne lire qu'un seul livre qui est le Coran", assure-t-il.

S'il nuance en disant que ces exemples sont des "illustrations qui n'ont pas vocation à devenir des preuves", il dit s'appuyer sur des "enquêtes scientifiques et des études sérieuses" sur le phénomène.

"Il y a un déni, voire une complicité de la gauche"

Il estime, même si la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem a "exhumé" ce rapport sous le quinquennat de François Hollande, qu'une partie de la gauche est complice de ce problème.

"Il y a des courants historiques de la gauche, la gauche victimaire, moralisatrice, identitaire, qui, pour des raisons diverses, ont trouvé commode par idéologie, lâcheté ou complicité objective avec l'islamisme, de minimiser ce problème pour continuer à exister dans leurs trajectoires politiques. Il y a un déni, voire une complicité."
Les GG