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Une amende pour outrage sexiste: "On n'a pas un policier derrière nous à chaque fois"

Un rapport remis ce mercredi à Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité femmes hommes, recommande la création d'une contravention de 90 euros pour outrage sexiste.

Bientôt une amende de 90 euros pour les harceleurs dans la rue ou les transports? C'est ce que préconise un rapport sur le harcèlement dans l'espace public remis ce mercredi à Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'égalité femmes-hommes.

Les parlementaires recommandent ainsi que les policiers puissent "mettre une amende pour outrage sexiste dès lors que ce phénomène se produit", qui serait "une contravention de 4e classe" correspondant à un montant "entre 90 euros, quand l'amende est minorée, et 750 euros, quand il y a des relances et qu'elle n'a pas été payée immédiatement", a-t-elle précisé.

"Ca reste extrêmement abstrait"

"Une bonne initiative", juge la GG Caroline Pilastre qui estime tout de même que la mesure sera difficile à mettre en place. "Le problème c'est qu'il faut prendre l'homme en flagrant délit. Comment faire? On n'a pas un policier derrière nous à chaque fois qu'on sort quelque part. La police on ne la voit jamais dans la rue. Comment faire pour qu'ils soient là? Recruter? Mieux former? Mais pour moi, ça reste extrêmement abstrait. Pour moi à part se débrouiller seule, je ne vois pas", a-t-elle jugé.

Quant à pouvoir photographier ou filmer ses agresseurs, Caroline Pilastre estime que c'est irréaliste: "Là, il y a le risque qu'on te pique ton portable, c'est la double peine, je ne vois pas comment ça va pouvoir être fait".

P.B.