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Une rentrée étudiante "scandaleuse"? "Les soirées sont plus 'safe' que certains amphis!"

Amphis bondés, couloirs surchargés... L'organisation des universités est pointée du doigt en cette rentrée étudiante alors que la ministre pointe du doigt les soirées étudiantes.

#BalanceTaFac. Via un hashtag, des étudiants partagent sur les réseaux sociaux des images d'universités surchargées ne respectant absolument les mesures barrière en ces temps de pandémie. 

La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, avait annoncé mardi des cas de Covid-19, "majoritairement liés à des rassemblements privés" (soirées étudiantes, privatisation de bars...) dans une dizaine d'établissements universitaires "alors que certains n'ont pas encore fait leur rentrée". Mais des étudiants lui rétorquent que l'organisation des facs est tout autant propice à une possible contamination.

"C'est surréaliste dans la plupart des facs"

Tout en se disant consciente "du contexte difficile" pour tous ces jeunes "qui ont été privés de lien social", la ministre avait fait appel à leurs "engagement collectif et responsabilité individuelle".

"Il est important que les étudiants aient une vie sociale mais ils doivent faire extrêmement attention".

Si la ministre pointe du doigt les étudiants, la GG Maxime Lledo, lui-même étudiant, estime que c'est l'hôpital qui se fout de la charité, et que l'organisation des facultés n'est absolument pas au rendez-vous de la pandémie.

"Il y a des milliers d'étudiants entassés dans des amphithéâtres surchargés. Dans les couloirs c'est la cohue, c'est surréaliste dans la plupart des facs. Les soirées étudiantes sont beaucoup plus safe que certains amphis ! On nous dit de passer notre temps dehors, la plupart des soirées se font dehors."

"C'est de la faute de Mme Vidal, et c'est un peu facile pour elle de dire que c'est à cause des soirées étudiantes"

Mère d'une néo-étudiante, la GG Marie-Anne Soubré, avocate, témoigne de la difficulté. 

"J'étais à la fac il y a trente ans, et c'était exactement le même problème et on devait s'assoir dans les escaliers. Le nombre d'étudiants ne fait qu'augmenter et pour autant on n'a pas construit de facs. Donc forcément ça explose. Impossible de ne pas faire un cluster quand on voit comment les entasse dans les amphis, même avec le masque."

L'avocate estime que la responsabilité de tout cela incombe à la ministre de l'Enseignement supérieur. "Bien sûr que c'est de la faute de Mme Vidal, et c'est un peu facile de dire que c'est à cause des soirées étudiantes. Ce n'est pas vrai. C'est facile de les montrer du doigt."

J.A.