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Vaccin contre le coronavirus: "Il y a eu des promesses assez inconsidérées de la part de l’Etat", s'inquiète Emmanuel Hirsch

Il craint que le gouvernement est annoncé trop tôt la campagne de vaccination et qu'il ne puisse tenir sa promesse.

Se rapproche-t-on d’une sortie de crise? Plusieurs laboratoires ont, ces dernières semaines, annoncé avoir trouvé un vaccin efficace contre le coronavirus. Les laboratoires Pfizer et BioNTech ont dégainé les premiers, suivis par Moderna et AstraZeneca/Université d'Oxford, chacun donnant un chiffre très haut pour l’efficacité de leur vaccin. 

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi matin que "la stratégie et l'organisation" française "pour le vaccin" serait présentée la semaine prochaine par le gouvernement. "Le gouvernement vous précisera la semaine prochaine sa nouvelle stratégie ‘tester, alerter, protéger, soigner’", a-t-il indiqué jeudi lors de la conférence de presse du gouvernement.

Encore plus tôt, mardi, c’était le président de la République lui-même qui affirmait que la campagne de vaccination pourrait commencer dès la fin décembre. Une prise de risque selon Emmanuel Hirsch, professeur d'éthique médicale à l'université Paris-Saclay. 

En effet, il estime que les annonces des laboratoires sont surtout de la communication. “On a eu des effets d’annonce qui n’ont rien à voir avec de l’information. C’est de la communication des grandes firmes pharmaceutiques pour trouver des bénéfices. On commence déjà à avoir des rétropédalages. Ce qui m’inquiète aujourd’hui, c'est qu’il y a eu des promesses assez inconsidérées de la part de l’Etat. Il y a un grand philosophe qui dit être responsable, c’est tenir ses engagements. Et de promesses en promesses, on se perd. Parce qu’il n’y a pas que la dimension sanitaire, il y a aussi la dimension sociétale. Pour moi en tant que citoyen, ce qui me provoque aujourd’hui, c’est comment on est en train de bousiller notre démocratie”, dénonce-t-il. 

Alors qu’Emmanuel Macron avait affirmé mardi que la vaccination ne serait pas obligatoire, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a également annoncé jeudi que "la vaccination n'ira pas de pair avec l'abandon des gestes barrière", comme le port du masque ou le fait de ne pas se serrer la main.

Guillaume Descours