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Violences conjugales: "J'étais en pleurs, le nez en sang et les policiers ont refusé de prendre ma plainte"

A la veille de l'ouverture du Grenelle des violences conjugales, Catherine a tenu à témoigner de son expérience alors qu'elle était battue par son conjoint. Les policiers avaient refusé de prendre sa plainte.

Alors que s'ouvre mardi le Grenelle des violences conjugales, les associations féministes demandent des moyens supplémentaires pour l'hébergement des victimes, une réforme du fonctionnement de la justice et une meilleure formation des policiers et gendarmes à ces sujets.

Ce lundi chez les GG, Catherine a tenu à raconter son expérience. Victime de violences conjugales pendant un an, elle s'est un jour décidé à déposer plainte:

"Au commissariat, ils m'ont dit qu'ils ne feraient qu'une main courante parce 'vous saviez avec qui vous étiez'. En gros, c'était mérité parce que j'étais avec un Marocain. C'est ce qu'on m'a répondu. Les policiers qui vous disent ça quand vous arrivez en pleurs. Je les ai appelé, j'étais en sang. Le lendemain, je suis arrivée au boulot avec des bleus".

"Mon mari n'a jamais été inquiété"

Mal reçue, Catherine n'est pas non plus mise à l'abri. C'est elle qui doit trouver les ressources pour se sortir de la violence: "Ma sœur avait été aussi battue par son mari, je l'avais aidée à s'en séparer. Je m'en suis sortie parce que je suis partie de ma ville. J'ai pris mes enfants, ma valise et j'ai quitté ma maison. Mon mari n'a jamais été inquiété".

Paulina Benavente