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Violences dans les manifestations: "La police est un service public qui a le droit d'être critiqué"

Les policiers manifestent ce mercredi pour dénoncer la "haine anti-flic" alors que 350 d'entre eux ont été blessés depuis le début du mouvement contre la loi Travail. Mais pour Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche, invité du conseil des Grandes Gueules, les méthodes des policiers doivent aussi être questionnées.

Les policiers sont dans la rue pour dire non à la "haine anti-flic" dont ils feraient l'objet. Salués après les attentats pour leur action, les policiers font désormais part de leur exaspération quant aux affrontements violents avec des casseurs en marge des mouvements contre la loi Travail. Mais pour Alexis Corbière du Parti de gauche, cette haine anti-flic n'est partagée que par quelques centaines de casseurs.

"Il y a un problème d'ordre revendicatif des conditions de travail que je peux entendre, et il y a un discours de diversion qui vise à expliquer qu'il y aurait une haine anti-flic, ce qui me semble être totalement décalé par rapport à ce que ressent la majorité de la population. C'est complètement faux", estime-t-il.

D'après un sondage Odoxa publié mercredi, 82% des Français disaient d'ailleurs avoir une bonne image de la police.

Des violences qui profitent au gouvernement?

Mais les policiers, épuisés après une mobilisation renforcée depuis les attentats expriment leur ras-le-bol. Depuis le début du mouvement contre la loi Travail, 350 policiers ont été blessés d'après le ministère de l'Intérieur. Des chiffres qui font réagir Valérie Debord, porte-parole Les Républicains. "Le gouvernement doit faire en sorte de protéger aussi les policiers. Ils ont besoin qu'on leur donne l'instruction d'arrêter les gens qui leur tapent dessus à longueur de journée", estime-t-elle. Mais pour Alexis Corbière, les méthodes des policiers sont aussi en cause.

"C'est un service public qui a le droit d'être critiqué. Ceux qui parlent fort au gouvernement sous-entendent que la police quoi qu'elle fasse, quoi qu'elle dise a toujours raison", déplore-t-il.

Lors des manifestations, "des pluies de lacrymogène créent des situations d'affolement et des blessures aussi chez les manifestants qui sont loin d'être des casseurs", souligne Alexis Corbière, tout en rappelant que des violences ont aussi eu lieu du côté des policiers. A Paris notamment, un policier sera jugé au mois de novembre pour avoir frappé un lycéen de 15 ans au visage. A Rennes, un jeune manifestant a perdu son oeil, blessé par un tir de flashball.

Le secrétaire national du Parti de gauche estime que les violences des casseurs "profitent" au gouvernement et détournent du centre de la contestation: la loi Travail. Pour lui, à cause des violences, "on parle de moins en moins du contenu de cette loi".

Carole Blanchard