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Violences du 1er mai: les profils inattendus des "black blocs" parisiens

Etudiant en anthropologie, consultant au revenu confortable, directrice de production dans le cinéma et trois chômeurs au RSA: six personnes ont comparues devant le tribunal correctionnel de Paris après les violences du 1er mai

Sur la centaine de gardés à vue à l'issue violences du 1er mai, 34 ont été déférés jeudi soir en vue de leur présentation au parquet. Ils pourraient être jugés en comparution immédiate dès vendredi. Jeudi, six personnes sont passées devant le tribunal correctionnel de Paris. Et l’on a donc pu voir qui se cachait derrière les cagoules de casseurs. Et les enquêteurs ont été surpris. 

Il y a là un étudiant en anthropologie, trois chômeurs au RSA, mais aussi un diplômé de Centrale devenu consultant avec un revenu net mensuel de 4.200€. Et une jeune femme, 27 ans, directrice de production dans le cinéma.

Le premier à passer à la barre s’appelle Niels, 26 ans de Saint-Priest près de Lyon ; vient ensuite Loris, 22 ans, Toulousain. L’un d’eux aurait jeté une bouteille en verre en direction des policiers. Leurs avocats sont commis d’office. L’audience est donc suspendue le temps d’un entretien, avant d’être renvoyée au 30 mai pour leur laisser le temps de préparer leur défense. Tous les deux seront jugés pour participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations.

Contrôle judiciaire et mandat de dépôt

Parmi les six personnes à comparaître, l’une d'elles est ressortie libre en attente du procès, trois autres ont été placées sous contrôle judiciaire, mais deux ont été placées sous mandat de dépôt et ont passé leur première nuit en prison. 

Il s’agit de la jeune femme de 27 ans et d’un étudiant bordelais de 25 ans. Eux ont menti aux policiers sur leur identité. La jeune femme s’est ainsi faite passée pour une suédoise. L’étudiant, lui, a décliné un faux CV. Pourquoi? "La panique", répondent-ils à la présidente du tribunal. Elle leur demande ensuite ce qui les a motivés à venir dans le cortège du 1er mai.

L’étudiant répond qu’il veut devenir intermittent du spectacle et se réclame d’un mode de vie alternatif. Même chose pour la jeune femme qui explique avoir passé un master et être devenue directrice de production dans le cinéma juste pour "rassurer" ses parents.

Un discours qui est loin de rassurer la présidente. Elle demande leur placement en détention provisoire. Les deux prévenus se décomposent. La jeune femme fond en larmes.

Que sait-on des autres gardés à vue?

Selon les PV d’auditions, 60% des gardés à vue entre 18 et 30 ans, quatre sont mineurs. Le plus jeune a 17 ans et le plus âgé est un homme de 57 ans.

Selon une source policière, ce n’étaient pas des professionnels de la lutte armée anarchiste façon "black bloc", mais plutôt le profil de jeunes suiveurs, dont des étudiants d’extrême-gauche qui ont soutenu ou participé au mouvement étudiant. 

Il y aurait par ailleurs au moins quatre étrangers: un allemand, un belge, un suisse, une colombienne.

Marion Dubreuil, Matthieu Rouault et X.A