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Y-a-t-il vraiment un "ensauvagement" de la société? "Je pense qu'il y a 40 ans l’insécurité était bien plus grande qu'aujourd'hui"

La "Grande Gueule" Marie-Anne Soubré estime que, contrairement à ce qu'affirme le ministre de l'Intérieur qui évoque un "ensauvagement" d'une partie de la société, l'insécurité était plus forte par le passé.

"Il faut stopper l'ensauvagement d'une partie de la société". Les mots émanent de la bouche du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, et ne sont pas passés inaperçus ce week-end. Lors d'une interview accordée au Figaro, le nouveau "premier flic de France" réagissait aux multiples faits divers qui ont fait l'actualité ces derniers mois comme la mort d'un chauffeur de bus à Bayonne, les rixes de Dijon ou encore le pompier touché par balles à Etampes.

Des mots durs et une rhétorique empruntée à l'extrême droite qui ne sont pas été accueillis , même au sein d'une partie de ses camarades de l'équipe gouvernementale. Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, estime ainsi sur Europe 1 que "monter les Français les uns contre les autres peut toujours être un risque". 

"J’attends qu’on nous sorte les chiffres. Je ne suis pas certaine du tout de ce qui est dit par le ministre de l’Intérieur"

Dans les Grandes Gueules ce lundi sur RMC, l'avocate Marie-Anne Soubré a de son côté remis en cause cette affirmation du ministre de l'Intérieur. Elle attends plutôt qu'on lui prouve qu'il existerait un véritable "ensauvagement" de notre société.

"Il y a les mots et la réalité. Peu importe le mot, ce qui compte ce n’est pas le mot, mais la façon dont on va lutter contre cette insécurité. Surtout, j’attends qu’on nous sorte les chiffres. Je ne suis pas certaine du tout de ce qui est dit par le ministre de l’Intérieur. Je pense qu’il y a des périodes dans l’histoire de France, et même il y a trente ou quarante ans où l’insécurité était bien plus grande que ce que l’on connaît aujourd’hui. "

"Il y a 50 ans tu avais plus des risques d’être tué dans la rue qu’aujourd’hui"

Marie-Anne Soubré estime plutôt que les Français seraient dorénavant moins tolérants à l'insécurité et impute la responsabilité du sentiment d'insécurité à la "loupe" formée par les médias et les réseaux sociaux qui se sont démocratisés ces dix dernières années.

"On a aujourd’hui, avec la loupe des réseaux sociaux et des médias, on n’a qu’un sentiment… Les indicateurs ne sont pas forcément bons, mais il y a 50 ans tu avais plus des risques d’être tué dans la rue qu’aujourd’hui.
En réalité on est dans société qui tolère moins l’insécurité. Tant mieux qu’on ne la tolère pas. Mais statistiquement je ne suis pas sûre qu’il ait raison. J’attends qu’on me prouve qu’aujourd’hui c’est plus dangereux. L’insécurité je ne la nie pas."
J.A.