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Philippe Bilger: "La justice marche beaucoup mieux qu'on ne le dit"

"La justice ne cesse de se plaindre et de déplorer", regrette l'ancien avocat général à la cour de Paris, Philippe Bilger, invité ce jeudi de M comme Maïtena, en plein mouvement de grogne du monde judiciaire.

Plusieurs centaines d'avocats, magistrats et greffiers manifestaient jeudi à Paris et ailleurs en France dans le cadre d'une journée de mobilisation contre "les chantiers de la justice", lancés par la garde des Sceaux Nicole Belloubet et dénoncés par les manifestants comme une réforme "purement gestionnaire". Invité ce jeudi de M comme Maïtena, l'ancien avocat général à la cour de Paris, Philippe Bilger, a estimé que la justice avait tendance à trop se plaindre. "Je trouve que certes, il serait absurde de méconnaitre la crise des moyens, mais la crise devient une obsession, un alibi permanent", a-t-il déclaré. "On sait bien qu'on n'aura jamais l'idéal des moyens qu'on souhaite, mais au-delà de cela il faut une ambition pour que la justice puisse se montrer sous un jour qui enthousiasme", a-t-il poursuivi.

"Qui peut avoir envie de se dire on a une institution extraordinaire alors qu'elle ne cesse de se plaindre, de déplorer, de demander des moyens". Malgré tout elle fonctionne, selon lui et "il faudrait justement le dire". "La justice marche beaucoup mieux qu'on ne le dit", conclut-il.

"1.800 postes de fonctionnaires et 500 postes de magistrats vacants"

Un avis que ne partage pas Jacky Coulon, secrétaire national de l'Union syndicale des magistrats (USM), à l'origine du mouvement de grogne. "L'ensemble des rapports remis à la Garde des sceaux disent qu'il y a un préalable à la modernisation de la justice: c'est de lui donner des moyens suffisants", rappelle-t-il sur RMC. Avant d'énumérer: "Il y a 1.800 postes de fonctionnaires vacants, et 500 postes de magistrats vacants"

P. G. avec Maïtena Biraben