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Pourquoi les enfants d'un gilet jaune et militant breton ont-ils été enlevés à leur famille?

Un "gilet jaune"\/"street-médic"\/régionaliste breton a récemment été mis en examen et ses enfants placés auprès des services sociaux. Certains dénoncent une "justice politique", Robin Andraca du site Checknews vient démêler le vrai du faux dans cette affaire.

Beaucoup d'interrogations ont été soulevées concernant le cas de Jonathan L.. Ce "gilet jaune", street-medic et régionaliste breton, qui a 30 ans et qui habite avec sa compagne près de Belfort, et qui a récemment été mis en examen. Les enfants du couple ont été pris en charge par les services sociaux, suite à cette mise en examen.

Sur les réseaux sociaux, de très nombreux internautes ont fait le lien entre ce placement - qualifié même d'enlèvement - et les activités politiques et militantes du gilet jaune.

Des posts Facebook à l'origine de l'arrestation

Le 24 avril à 6h30, le domicile de Jonathan L, où il vit avec sa compagne et leur deux filles a été perquisitionné. L'homme a a été arrêté, placé en garde et mis en examen dans la foulée.

Selon le parquet de Belfort, qu'on a contacté, il lui est reproché la publication sur un de ses profils Facebook de plusieurs messages au début du mois d'avril, dont l'un qui appelait à s'armer contre l'autorité de l'Etat. Et plusieurs autres qui constitueraient des provocations à commettre un délit ou un crime. 

Poster de tels messages sur Facebook est passible de 5 ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende selon l'article 412-8 du Code pénal.

Que viennent faire les deux enfants dans cette histoire ? 

C'est le deuxième volet de l'affaire, qui a le plus indigné sur les réseaux. Il concerne donc les enfants du couple, qui ont été placés auprès des services sociaux du département, à la suite de cette perquisition.

On a contacté le magistrat de Belfort, qui affirme que les conditions “insalubres” dans lesquelles vivaient les enfants ont donné lieu à une réaction du parquet. Ce n'est pas l'avis d'un ami de Jonathan L, qu'on a contacté aussi et qui affirme qu'il y a quelqurs semaines, l'appartement ne lui a pas paru "crade". 

Le père dénonce une justice politique

Le père de Jonathan dénonce une justice politique, il estime que le placement des enfants vise à sanctionner l'activisme de son fils. Et de nombreux internautes partagent son avis sur les réseaux. Selon lui, "L’enlèvement des petites est fait pour faire peur à tout le monde et il faut se battre pour le retour de ses petites filles qui seraient pour l'heure otage de la politique de Paris".

Le procureur de Belfort nous affirme que cela n'a rien à voir avec le militantisme de Jonathan. Et il insiste pour distinguer deux procédures : la première pénale, pour les messages postés en ligne, et la seconde, ouverte à la suite de la perquisition, sur les enfants du militant.

Pour la suite, Jonathan et sa compagne doivent rencontrer le juge pour enfant la semaine prochaine, selon le procureur de la République. Affaire à suivre.

M comme Maïtena