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1er-Mai: la nouvelle stratégie des forces de l'ordre pour gérer les black blocs

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Le gouvernement veut une réponse ferme face aux black blocs qui menacent de commettre des exactions en marge des manifestations du 1er-Mai. Le spécialiste des questions de sécurité intérieure Guillaume Farde décrypte dans Radio Brunet la nouvelle doctrine des forces de l'ordre pour gérer les casseurs utilisée depuis décembre.

Quelle stratégie pour éviter les violences lors des manifestations du 1er-Mai? Emmanuel Macron a demandé mardi, au cours du Conseil des ministres, que la réponse aux "black blocs" soit "extrêmement ferme" en cas de dégradations. 7.400 membres des forces de l'ordre seront présents dans la capitale pour éviter tout débordement.

Dans le contexte sulfureux des "gilets jaunes" et après une Fête du Travail 2018 marqué par de sérieuses dégradations, la doctrine des forces de l'ordre va évoluer vers plus de confrontation comme nous l'explique Guillaume Farde, spécialiste des questions de sécurité intérieure et maître de conférences à Sciences Po.

"Depuis deux ans, les 1er-Mai sont particulièrement violents. En 2017, deux CRS d’Orléans sont victimes de jets d’engins pyrotechniques et prennent feu et sont grièvement blessés. En 2018 le préfet de police, Michel Delpuech, avait ordonné de ne pas aller au contact avec les manifestants pour éviter ces blessures. Il n’y a eu que quatre blessés légers au bilan de la journée, ce qui est à mettre au crédit du préfet. Mais le problème est que si on ne va pas contact, on laisse casser, on laisse brûler, et les images d’un fast-food et d’une concession en train de brûler ont été impressionnantes."

"La nouvelle doctrine est de dire que l’on va évoluer vers davantage de contact"

Il n'y a donc pas de stratégie idéale mais les forces de l'ordre devraient être plus mobiles et aller au contact face aux blacks blocs qui devraient être plus de 1.000 dans la capitale mercredi.

"La nouvelle doctrine est de dire que l’on va évoluer vers davantage de contact. Dès que les premières dégradations ont lieu, on intervient. La conséquence est que s’il y a un contact, il y a risque de blessure. On cite souvent les Allemands en exemple mais lors du sommet du G20 en 2017 ils vont au contact durement et il y a plus de 300 policiers blessés. 
Les “policiers interpellateurs” ça aussi c’est une nouveauté, vont au contact. Après les événements de décembre 2018, Michel Delpuech créé les “détachements d’action rapide” de 20 à 25 membres. On s’est rendu compte que ce n’était pas suffisant pour aller chercher des gens dans une foule dense et nombreuse. Et en mars 2019 peu après les événements du Fouquet’s, ces brigades sont composées de 50 à 60 fonctionnaires de police."

"Le casseur peut être peureux"

Une réponse suffisante pour dissuader les casseurs ? Guillaume Farde assure que ça a déjà fonctionné lors de certaines mobilisations de "gilets jaunes".

"Le casseur peut être peureux. Le 20 avril lors de l'événement nommé “ultimatum 2” des "gilets jaunes", les casseurs ne sont pas venus chercher l’affrontement direct avec les forces de l’ordre. Car il n’y a pas de cortège auquel se greffer mais aussi parce qu’ils voient que le dispositif en place est solide. Comme à Avignon quand les casseurs avaient prévu de se rassembler et que leurs éclaireurs ont vu que le dispositif était solide". 

A voir si le dispositif mis en place ce mercredi sera assez dissuasif pour éviter les violences.

James Abbott