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Qu'est-ce que la Ligue du LOL?

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Plusieurs membres d'un groupe Facebook appelé, la Ligue du LOL, ont été accusés de cyberharcèlement par des femmes. La majorité de ces membres faisaient partis de l'univers des médias et de la communication.

La semaine dernière, plusieurs femmes sur Twitter ont affirmé avoir été harcelées, il y a plusieurs années, par les membres d’un groupe appelé la Ligue du LOL. En fait, ça faisait des années qu’il y avait des tweets réguliers sur le sujet, mais qui n’étaient pas assez clair pour mettre au jour ce qu'était vraiment ce groupe. 

La ligue du LOL, c’est une petite communauté qui avait la forme d’un groupe Facebook privé, créé il y a une dizaine d’année. On y trouvait une trentaine de personnes, très majoritairement des hommes, pour la plupart issus du journalisme parisien, du monde de la pub ou encore de la communication. 

Les membres du groupe s’étaient rencontrés sur Twitter et, dans le groupe Facebook, ils s’échangeaient des liens vers des tweets de jeunes femmes journalistes ou de blogueuses dont ils allaient ensuite se moquer sur Twitter, à plusieurs. Certains membres de la ligue du LOL étaient très influents sur les réseaux sociaux et donc attiraient l’attention avec leurs commentaires publics sur une personne qui recevait ensuite des dizaines d’insultes.

Plusieurs membres sanctionnés

Depuis la publication de l’article, il y a trois jours, les témoignages ne cessent de se multiplier, et avec eux des captures d’écrans de tweets de l’époque. On retrouve, donc des messages injurieux, des photomontages, mais aussi des canulars téléphoniques. 

Mais ce n’était pas uniquement les femmes qui étaient ciblées. D’après ce que l’on peut lire des témoignages, on comprend que les cibles privilégiées de ces campagnes de cyberharcèlement étaient des femmes en début de carrière, féministes, journalistes, blogueuses, youtubeuses, mais aussi des membres de la communauté LGBT, des personnes racisées ou des hommes ne répondant pas aux critères de masculinité de ce groupe. Les témoignages recueillis par CheckNews et qui circulent sur Twitter évoquent un "travail de sape" aux conséquences désastreuses pour les victimes. 

Pendant le week-end, plusieurs membres de la ligue ont publié des messages d’excuse. Mais surtout, sept journalistes ont été sanctionnés par leur direction. Parfois de façon provisoire dans l’attente d’une enquête interne, comme à Libération où deux journalistes, Alexandre Hervaud et Vincent Glad, le créateur du groupe Facebook ont été mis à pied à titre conservatoire. David Doucet, rédacteur en chef des Inrocks, a été mis à pied à titre conservatoire, et une procédure de licenciement pour faute grave a été engagée à son encontre. Stephen des Aulnois, rédacteur en chef et fondateur du Tag parfait, site spécialisé sur la culture porno, a annoncé sur Twitter qu’il démissionnait de son poste et mettait son site en pause. 

Le site de podcasts "Nouvelles écoutes" a par exemple annoncé avoir mis un terme à sa collaboration avec Guilhem Malissen qui était membre du groupe et qui avait un podcast. Le magazine Ubsek et Rica a mis à pied à titre conservatoire Guillaume Ledit. Enfin, Sylvain Paley a quitté la société "Qualiter" mettant fin à l’émission studio 404.

Emma Donada (CheckNews) avec Guillaume Descours