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Affaire Fillon: Jacques Myard dénonce le risque "d'un totalitarisme de l’opinion publique"

La transparence chez les hommes politiques est à la mode depuis qu'à éclaté l’affaire Fillon. Le candidat à la présidentielle a lui-même publié l’ensemble de son patrimoine en début de semaine. Invité de Radio Brunet, Jacques Myard, député-maire (LR) de Maisons-Laffitte, dénonce une forme de "totalitarisme".

Cette année, les déclarations de patrimoine des candidats seront disponibles sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, deux semaines avant le premier tour de la présidentielle. Néanmoins, ces déclarations seront invérifiables, seul l’honneur fera foi. Député-maire (LR) de Maisons-Laffitte, Jacques Myard ne partage pas la mode du tout transparent, très en vogue depuis trois semaines et le début de l'affaire Fillon. Dans Radio Brunet, il affirme qu’un excès pourrait même nuire au travail des élus.

"Il faut cesser de tirer à boulet rouge sur les élus qui sont payés correctement mais sans plus. En ce qui concerne cette histoire de frais de représentation, qui est de 5000 euros nets par mois environ, c’est la liberté du député, c’est-à-dire celle de chaque citoyen. Si on commence à demander des comptes perpétuels aux députés, vous les mettez sous le totalitarisme de l’opinion publique."

Pour Jacques Myard, à cause de cette transparence exacerbée, le débat politique peut se réduire à passer son temps à se justifier. "Comment se fait-il que vous ayez cette chemise? Comment se fait-il que vous ayez invité untel au restaurant? C’est que vous avez des accointances?", ironise l'élu.

Selon lui, la transparence peut même conduire à une perte de la représentation démocratique. "C’est ce que disait Condorcet: 'mon opinion est celle que je dois défendre en toute liberté à l’Assemblée car je défends ainsi la liberté de mes concitoyens'. Donc, si vous mettez les députés sous tutelle permanente du totalitarisme de l’opinion publique, il n’y a plus de représentation démocratique."

Radio Brunet avec A. B.