RMC

Affaire Fillon: "Toutes les personnes qui interviennent dans l'affaire ont été nommées par Hollande ou Taubira"

Hervé Lehman, avocat et ancien juge d’instruction, publie ce vendredi une enquête concernant le fonctionnement de la justice durant l'affaire Fillon et pointe une "rapidité suspecte".

Hervé Lehman, ancien juge d’instruction, avocat au barreau de Paris, vient de publier Le procès Fillon (Editions du Cerf). Il était l'invité de Radio Brunet ce vendredi, et est donc revenu sur la procédure et les magistrats qui se sont occupés la très médiatique affaire d'emplois présumés fictifs de la femme de l'ex-candidat à la présidentielle 2017. 

L'ancien juge revient ainsi sur le rôle joué par Eliane Houlette, procureur du Parquet national financier, qui décide de l'ouverture d'une enquête le 25 janvier 2017, moins de 24 heures après la publication de l'article du Canard enchaîné. Il rappelle dans son livre qu'il avait fallu un mois après les révélations de Mediapart pour que Jérôme Cahuzac soit visé par une enquête.

"On a jamais vu la justice aller aussi vite, confirme-t-il. Mon précédent livre concernait la lenteur de la justice. Celui-là j'aurais pu l'appeler : 'Justice, une rapidité suspecte'. Ce qui était urgent c'est de mettre François FIllon en examen avant l'élection présidentielle. Et puis après ça c'est fini. Une fois qu'il a été mis en examen et éliminé l'affaire n'a plus eu d'importance."

"Les personnes nommées n'avaient pas des convictions très fillonistes"

Il y aurait ainsi eu, selon lui, un "enchaînement d'influence" de l'exécutif jusqu'au "bas de la chaîne" pour arriver à ce résultat. Cela voudrait-il dire que quelqu'un haut placé a donné des ordres directs ?

"C'est plus subtil que cela, ce n'est pas comme à l'armée. Mais toutes les personnes qui interviennent dans l'affaire ont été nommés par François Hollande ou Christiane Taubira. Toute la chaîne dans cette affaire, depuis le conseiller de justice de François Hollande jusqu'au président du tribunal ont été nommés par le président. Ils ont des convictions, ils se parlent, et ce qu'on peut dire c'est qu'ils n'ont pas de convictions très fillonistes. (...) Ce n'est pas très sain".
J.A. avec Radio Brunet