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Albi: 3 mois de prison avec sursis requis contre une buraliste qui avait refusé de délivrer un colis à une femme voilée

Une buraliste qui avait refusé de délivrer un colis à une musulmane voilée, au motif qu'elle ne pouvait pas contrôler son identité, a comparu jeudi devant le tribunal correctionnel d'Albi.

Une buraliste a comparu ce jeudi devant le tribunal correctionnel d'Albi pour "refus de biens ou services au profit d'une personne physique ou morale en raison d'une appartenance supposée ou non à une religion déterminée". En avril dernier, elle avait refusé de délivrer un colis à une femme voilée, au motif qu'elle ne pouvait pas contrôler son identité. La plaignante avait expliqué que son visage restait visible lorsqu'elle a présenté sa carte d'identité.

Cette convertie, âgée d'une trentaine d'années, avait accepté d'enlever son voile à l'écart des regards des hommes, ce que la commerçante avait refusé. La cliente avait alors porté plainte pour discrimination en raison de la religion.

"La question n'est pas celle du voile"

Pour l'avocat de la buraliste, Me Simon Cohen, ces plaintes sont "une supercherie".

"Il est inscrit à l'entrée du commerce qu'il est interdit de porter un couvre-chef pour des raisons de sécurité. Pour récupérer votre colis qui exige une identification par une carte d'identité, vous devez vous présenter dans les mêmes conditions que celles dans lesquelles la photo d'identité a été prise. La question n'est ni celle du niqab, ni celle du voile, c'est celle qui consiste à porter de couvre-chef de quelque nature qu'il soit", a-t-il expliqué au micro de RMC.

La buraliste a affirmé qu'elle n'avait "rien contre la religion, nous avons même refusé de servir une religieuse qui refusait d'enlever son voile". Elle a dit avoir "peur" depuis un braquage d'un bureau de poste à proximité.

Plaidant la relaxe, Me Simon Cohen a accusé les parties civiles de "pratiquer l'amalgame", arguant que "dans ce bureau de tabac, la règle est appliquée pour tous". Le procureur a requis trois mois de prison avec sursis et 3.000 euros d'amende. Le tribunal rendra son jugement le 28 juin.