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Cinq ans après Charlie Hebdo, pouvons-nous encore tout dire? "Les Français s'auto-censurent de plus en plus"

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Eric Brunet et Laurent Neumann ont débattu ce mardi, cinq ans jour pour jour après les attentats de Charlie Hebdo, de la place de la liberté d'expression dans notre pays.

Le 7 janvier 2015, des figures emblématiques du journal, comme son directeur et dessinateur Charb, les caricaturistes Cabu, Wolinksi, Honoré, Tignous, l'économiste Bernard Maris la chroniqueuse et médecin psychiatre Elsa Cayat, le garde du corps de Charb Franck Brinsolaro, du correcteur du journal Mustapha Ourrad et un visiteur de passage, Michel Renaud, ont été froidement abattus à Paris dans les locaux du journal satirique Charlie Hebdo.

Cinq ans après cette attaque visant la liberté d'expression de ces dessinateurs, Eric Brunet et Laurent Neumann ont fait le point 

"J'ai envie de répondre oui. Mais à deux conditions. La première c'est d'être capable de résister à toutes les formes de censure. Ces formes de censure sont nombreuses et viennent d'horizons divers. On peut dire non aux réseaux sociaux, aux minorités agissant en permanence. 
Et la deuxième condition est de respecter la loi. Quand je vois Eric Zemmour et Dieudonné condamnés pour incitation à la haine, on est plus dans la liberté d'expression, c'est simple. C'est clair."

"Sur tous les sujets délicats on évite l'humour, on évite les vannes"

Eric Brunet n'est pas d'accord. Il estime que l'on ne peut plus rien dire. 

"Je réponds non car autour de moi j'ai réalisé au fil du temps, surtout dans la sphère professionnelle, dans l'espace public, chez des amis, au restaurant, les Français s'auto-censurent. Beaucoup plus qu'avant. Pour éviter les ennuis. Sur tous les sujets délicats on évite l'humour, on évite les vannes."
J.A.