RMC

Discrimination au travail: "On m'a déjà demandé de virer des gens parce que leur physique n'était pas assez bien"

Le Défenseur des droits alerte sur les discriminations fondées sur l'apparence physique dans le monde du travail, estimant que celles-ci sont trop souvent acceptées par les recruteurs comme par les victimes.

Selon le baromètre réalisé en 2016 par le Défenseur des droits et l'Organisation internationale du travail, l'apparence physique est le 2e critère de discrimination cité par les demandeurs d'emploi dans leur accès à l'emploi (29% pour les femmes et 20% pour les hommes).

Une discrimination à laquelle a participé Laura qui a été pendant 5 ans chargée de recrutement pour une chaîne de restaurants parisiens. "J'ai embauché des gens sans aucune expérience juste pour leur physique. Derrière, ils se sont démenés et ils ont réussi, mais il n'empêche que le premier critère n'était pas la compétence mais un critère physique", a-t-elle témoigné dans Radio Brunet.

"Si le physique ne convient pas, on ne les rappelle même pas. Ce sont des postes de serveurs, managers. On m'a déjà demandé de virer des gens parce que leur physique n'était pas assez bien. Tous les restaurants branchés parisiens fonctionnent comme ça", a-t-elle aussi expliqué.

"Le quota, c'était surtout pas de couleur"

Laura a aussi pointé du doigt le racisme dont aurait fait preuve son ancien employeur: "Il n'y a pas de quota, on n'est pas dans un film américain. Le quota, c'était surtout pas de couleur".

Le Défenseur des droits a publié une "décision-cadre" dans laquelle il rappelle le cadre règlementaire concernant cinq domaines de discriminations: l'obésité et la grossophobie, les tenues vestimentaires, la coiffure, le port de la barbe et les tatouages et piercing.

Ainsi, les employeurs doivent veiller à consigner expressément dans les documents écrits (règlement intérieur, contrat, note de service, etc.) les contraintes éventuelles de présentation et de tenue vestimentaires justifiées par la nature de l'emploi; à prévenir et à sanctionner toute discrimination et tout fait de harcèlement fondé sur l'apparence physique; et enfin à former leurs personnels aux droits et liberté des salariés.

P.B.