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Éclosion de Daesh: "La responsabilité d'Obama est écrasante"

Alexandre Del Valle, ce mercredi chez Eric Brunet.

Alexandre Del Valle, ce mercredi chez Eric Brunet. - RMC

Le géo-politologue Alexandre Del Valle a pointé du doigt ce mercredi sur RMC la responsabilité des États-Unis dans l'éclosion de Daesh, naît sur les cendres du conflit irakien et qui a pu se développer en raison du retrait mal préparé de l'armée américaine.

Est-ce le souvenir douloureux des campagnes en Afghanistan et en Irak ? Est-ce le poids de son prix Nobel de la paix ? Reste que le président des États-Unis Barack Obama, malgré les bombardements américains en Syrie et en Irak, ne joue pas les premiers rôles dans la constitution d'une grande coalition internationale pour lutter contre Daesh. L'Amérique ne semble pas enclin à s'allier avec la Russie de Vladimir Poutine, notamment en raison de vues divergentes sur le sort du président syrien Bachar al-Assad.

Et pourtant, selon le géo-politologue Alexandre Del Valle, Barack Obama porte une "responsabilité écrasante" dans l'éclosion de Daesh, "un monstre en grande partie favorisé par la stupidité et l'incohérence de la stratégie américaine au Moyen-Orient".

"La responsabilité américaine a permis l'éclosion de l'EI"

"L'Amérique a eu tort de faire ces guerres en Irak, mais elle a eu tort également de partir d'un coup sans service après-vente. Parce qu'on a laissé des sunnites se faire massacrer par des chiites revanchards. Et parce qu'on a donné beaucoup d'armes à des tribus sunnites qui ont rejoint Al-Qaïda dans un premier temps, et l'État islamique (EI) ensuite. La responsabilité américaine a permis l'éclosion de l'EI. Ce désengagement a été absolument préjudiciable, et sans le désengagement soudain des Américains entre 2009 et 2011, l'EI n'aurait jamais existé", explique Alexandre Del Valle, auteur de "Le Chaos Syrien, printemps arabes et minorités face à l'islamisme".

Il rappelle également que Barack Obama "a été élu sur un programme promettant le désengagement de l'Irak", et qu'il lui est difficile de jouer les va-t-en-guerre aujourd'hui. Pourtant, "la responsabilité d'Obama est écrasante. Autant Georges W. Bush a eu tort d'intervenir en 2003 en Irak, autant Obama a eu tort de partir sans préparation".

Philippe Gril avec Eric Brunet