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"Etre policier, c'est subir, s'en prendre plein la gueule, et s'estimer heureux de rentrer en vie", le coup de gueule de Stéphane

Ce vendredi dans Radio Brunet, Stéphane, policier de 43 ans, a confié sa colère et son ras-le-bol face aux critiques essuyées par les policiers, notamment après l'arrestation de 151 lycéens à Mantes-la-Jolie.

Au lendemain de l'interpellation de 151 jeunes aux abords d'un lycée de Mantes-la-Jolie, parents et professeurs se sont réunis vendredi pour exprimer leur colère après la diffusion d'une vidéo montrant des lycéens à genoux, entravés pour certains, entourés de policiers. Le Défenseur des droits a annoncé ouvrir une enquête.

Pour Stéphane, policier de 43 ans, les policiers n'ont pas fait d'erreur: "Je ne vois pas le problème dans ce qui s'est passé à Mantes-la-Jolie. Qu'est-ce qu'on aurait dit si les jeunes s'étaient levé et enfui? On aurait été humiliés. L'humiliation dans ce métier, c'est au quotidien. Ça va du simple citoyen quand vous patrouillez qui grille des feux rouges devant vous, aux jeunes de 14 ans qui vous chopent par le col, vous êtes humiliés constamment".

"Je comprends que beaucoup de collègues craquent"

Il a aussi exprimé son ras-le-bol: "Etre policier, c'est subir, s'en prendre plein la gueule et si je rentre en vie, tant mieux. J'ai eu une triple fracture de la cheville dans des violences urbaines, j'ai mis 9 mois à m'en remettre, le mec interpellé a pris un rappel à la loi et du sursis. Je comprends que beaucoup de collègues craquent".

"Le suicide du policier, c'est peut-être le manque de reconnaissance mais c'est surtout la fierté de l'être humain. On va encore nous jeter en pâture pour avoir fait ça alors qu'il n'y a aucune violence. On les interpelle, ça ne va pas, on ne les interpelle pas, ça ne va pas, on les verbalise, on est des ordures, on ne verbalise pas on est des fainéants, c'est tout le temps ça depuis que je fais ce métier", a-t-il aussi raconté visiblement très ému.

P.B.