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Gilles Verdez: "Karim Benzema est devenu le symbole de la non intégration de la société française"

Karim Benzema, non sélectionné en Equipe de France a-t-il été victime de racisme ou d'une décision simplement basée sur ses récents démêlés judiciaire? La question a divisé Gilles Verdez, invité d'Eric Brunet mercredi pour qui la sélection de Benzema aurait été un "symbole" et Daniel Riolo éditorialiste RMC sport qui refuse l'argument raciste.

"Il fallait sélectionner Karim Benzema." Pour Gilles Verdez, chroniqueur télé et auteur de "Le système Benzema", l'origine de la polémique autour des propos de l'international français vient de sa non-sélection en Equipe de France pour l'Euro2016. Dans un entretien à la presse espagnole, Karim Benzema estime que Didier Deschamps "a cédé à la pression d’une partie raciste de la France".

Pour Gilles Verdez, malgré sa mise en examen dans l'affaire de la sextape de Mathieu Valbuena, il n'y avait aucune raison de ne pas sélectionner le joueur du Real.

"Sportivement, c'est le meilleur. Après on dit, il a été mis en examen. Je vous rappelle que Karim Benzama mis en examen il y a quelques années dans l'affaire Zahia a été sélectionné chez les Bleus. Que notre meilleur joueur de handball Nikola Karabatic a été sélectionné en équipe de France. Donc y a-t-il deux poids deux mesures?", s'interroge-t-il.

Gilles Verdez est convaincu que c'est la non-sélection de Karim Benzema qui l'a poussé à brandir l'argument du racisme. "On a voulu le mettre au banc de l'Equipe de France, le voilà maintenant devenu le symbole de la non intégration de la société française."

"Une politique de quotas" en Equipe de France?

"Tous les sujets sont toujours ramenés au racisme", fulmine Daniel Riolo, éditorialiste RMC sport qui a vivement réagi. Pour lui, Didier Deschamps ou la Fédération française de foot ne peuvent pas être taxés de racisme et ont pris leur décision "en leur âme et conscience". "Il fallait faire un geste", insiste Gilles Verdez. "Vous refusez qu'on mette tout à l'aune du racisme mais il est là. Les gens en souffrent. Cet Euro devait redevenir le symbole d'une union nationale volontariste, militante. Vous mettez les gens à à l'écart", poursuit-il.

"C'est de la démagogie primaire, rétorque Daniel Riolo. Tu veux absolument que tout le pays soit représenté. Comment on fait? On fait une politique de quotas?", s'interroge-t-il. 

L'exclusion de Benzema était bel et bien justifiée selon lui. "Ce n'est pas la première fois. Il a déjà été écarté en 2010 pour des raisons de comportement. Il a déjà eu maille à partir en 2014 avec ses amis qui ont mis des claques à des journalistes. Le dossier commençait à devenir un petit peu lourd", lance Daniel Riolo qui rappelle que Mathieu Valbuena manque aussi l'Euro à cause de cette affaire. 

Carole Blanchard