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"Je suis devenu autonomiste parce que je vis en Corse" assure un maire de Haute-Corse

Sur RMC, Anthony Hottier, maire de Barrettali, a défendu  une autonomie forte pour l'île tout en restant "dans le cadre de la République".

Alors qu’Emmanuel Macron est en Corse pour rendre hommage à Claude Erignac, le préfet assassiné en 1998, la question de l’autonomie de l’île est toujours au centre des débats. Pour Anthony Hottier, maire de Barrettali, un petit village du Cap Corse, "il faut donner leur chance aux autonomistes et au nationalistes".

Interrogé par Eric Brunet sur RMC, l'édile s'est alors agacé de certains propos tenus par Manuel Valls, notamment: "Ils vivent au 20ème siècle. Mais nous sommes aujourd'hui au 21ème siècle!

"Je suis Français profondément républicain et je suis devenu autonomiste parce que je vis en Corse et j’ai vu comment ça se passe. Je suis maire depuis 2001 et j’ai découvert la pesanteur des normes et des contraintes administratives de la République. Elles sont devenues insupportables aujourd'hui, mais je veux rester Français. Je veux la Corse autonome mais dans le cadre de la République, et je pense qu'une majorité des corses le veulent aujourd'hui", a-t-il assuré sur RMC.

"Il faut que chaque région puisse respirer"

"J'ai plutôt le coeur à droite. Comme les gens de mon village. Mais on a voté à 60% pour les autonomistes. Pourquoi? Parce que la droite et la gauche sont parties, se sont délitées avec des comportements inacceptables. Et les gens en ont eu marre. Les Corses, de droite ou de gauche, veulent une autonomie forte, comme en Sardaigne. Pourquoi la France jacobine a été aussi forte? C’est parce qu’il fallait protéger les frontières à l’époque de la Révolution, il fallait un pays uni et solidaire. Aujourd'hui c'est fini tout ça, il faut que chaque région puisse respirer", a-t-il ajouté.

En 2017, les nationalistes avaient remporté l'élection territoriale sur l'île, réalisant un score historique.

Eric Brunet (avec G.D.)