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L’abstention doit être porteuse d’un message qui fait changer de système institutionnel

En pleine campagne présidentielle, Antoine Buéno, invité de Radio Brunet, fait entendre la voix des tenants de l'abstention. Il propose une abstention massive qui selon lui, demeure le meilleur acte protestataire possible.

Ne pas voter pour tout changer. C’est l’idée que défend Antoine Buéno dans No Vote! (ed. autrement). Pour lui, le système politique actuel est paralysé, et le citoyen n’a pas de pouvoir. L’objectif est de faire bouger le système et de mettre en place une action citoyenne, en passant par autre chose qu’un vote revendicatif qui bénéficie au FN. 

"Le choix qu’on doit faire en allant aux urnes n’est qu’apparent. C’est un choix illusoire parce que le système de la représentation ne peut pas produire véritablement la réforme. Il faut être dans le système pour véritablement l’éprouver. Quand vous allez voter, vous allez voter pour deux type d’élus. Il y a les élus des assemblées qui n’ont aucun pouvoir, ils ne peuvent absolument rien faire. Ensuite il y a les élus de l’exécutif, avec en premier lieu le président et le gouvernement. Ils sont dans une situation où ils n’ont pas intérêt à agir. Par carriérisme, par clientélisme, ils se heurtent aux intérêts constitués des lobbys."

Pour Antoine Buéno, l'abstention peut redonner le pouvoir aux citoyens. "Vous, vous avez l’impression que le malade est en train de mourir et que peut-être quelqu’un va trouver la formule, mais ce n’est possible dans le cadre de ce système. Et moi je dis que l’abstention doit être porteuse d’un message qui fait changer de système institutionnel". 

L'auteur explique que chaque régime politique a une limite quant à sa capacité à produire des réformes. "Chaque régime produit des décisions possibles et des décisions impossibles. Par exemple prenez un totalitarisme, vous n’allez pas attendre de l’humanisme et du libéralisme… Ici c’est pareil, notre régime produit certaines décisions possibles qui sont des décisions gestionnaires et clientélistes qui ont été mûries dans l’opinion. Et il y a des décisions impossibles, qui bénéficieraient au plus grand nombre, mais qui contrarient les intérêts des lobbys et des petits corps minoritaires. Ces décisions sont foncièrement impopulaires. Or, ce sont ces décisions dont on a véritablement besoin pour lutter contre la crise sociale, environnementale et le chômage".

Radio Brunet avec A. B.