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Les accidents font partie du nucléaire et la France ne va pas y échapper

Invité de Radio Brunet, Thierry Gadault, journaliste économique indépendant, a dressé un constat inquiétant sur l'énergie nucléaire. Il est notamment le co-auteur du livre Nucléaire danger immédiat.

"J'ai confiance dans les centrales nucléaires française et je ne vois pas ce qui remplacer cette énergie" a lancé Eric Brunet, ce mercredi, dans son émission sur RMC.

Un avis rapidement remis en cause par l'un des invités: Thierry Gadault, journaliste, co-auteur du livre Nucléaire danger immédiat. Selon lui, "Les accidents font partie du nucléaire. L'histoire nous le monte. Et la France ne va pas y échapper. Nous avons eu des informations nouvelles, sortant de rapports non publiés venant d'EDF, qu'elles expliquent la gravité de la situation et de certains fissures. Le complexe nucléaire connaît ces éléments mais considère qu'il a la capacité de gérer. Or, ce qu'il s'est passé jusqu'à présent, ce que montre l'histoire du nucléaire, c'est que malheureusement cette idée des ingénieurs de pouvoir toujours tout contrôler est souvent fausse. On est dans une culture du déni" a-t-il accusé. 

"Pourquoi vont-ils en urgence étudier Le Tricastin?"

Avant d'expliquer que "le fabricant des centrales nucléaires, Framatome, a calculé la résistance de l'acier des cuves, là où se fait la réaction nucléaire, pour qu'elle dure environ 40 ans, et quelques années de rab. Mais une fois qu'on atteint cette limite, on sait que l'acier rentre dans une zone de fragilité extrêmement importante et qu'un choc thermique peut provoquer une rupture de la cuve, et donc un accident nucléaire aussi grave que Fukushima. D'ici 2028, Fessenheim, Le Bugey, Tricastin atteindront cet âge. Et quel est le premier réacteur que va analyser l'Agence de Sûreté Nucléaire? C'est le Tricastin. Elle est moins ancienne, mais pourquoi vont-ils en urgence l'étudier? Il faut se poser la question".

"EDF dépense 4 milliards d'euros par an en ce moment"

Face à un tel bilan, Valérie Faudin, déléguée générale de la Société Française d’Energie Nucléaire a tenu à apporter quelques précisions. "Les réacteurs français ont été construits pour 40 ans, mais il y a eu beaucoup de choses depuis. Comme aux Etats-Unis, qui sont le modèle des réacteurs français, où près de 70 réacteurs sur 100 ont été prolongés pour 60 ans et on parle même d'autorisation pour aller au-delà. Le choix a été fait de rénover, d'inspecter ces centrales".

Elle poursuit: "Le programme, en France, sera particulièrement exigeant pour les 40 ans, et l'ASN pourra réaliser des travaux pour pouvoir continuer à opérer ces centrales en toute sûreté. Pour vous donner une idée, aujourd'hui, EDF dépense à peu près 3 milliards d'euros par an en maintenance, 50 millions sur chaque réacteur, en ce moment EDF dépense un milliard de plus par an pour d'abord faire des investissements post-Fukushima pour renforcer la sécurité des installations nucléaires, des forces spéciales et aussi changer de gros composants et préparer le passage au-delà de 40 ans".

X.A avec Eric Brunet