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Les chantiers navals peinent à recruter: "Les jeunes sont plus attirés par l'aéronautique"

Les chantiers navals de Saint-Nazaire peinent à recruter.

Les chantiers navals de Saint-Nazaire peinent à recruter. - Loïc Venance - AFP

Les carnets de commande des chantiers navals STX de Saint-Nazaire sont remplis pour les dix prochaines années, pourtant la direction qui fait face à des besoins urgents peine à trouver de la main d'œuvre qualifiée.

Sur les chantiers navals de Saint-Nazaire, 14 paquebots sont à construire d'ici 2026. Une masse de travail qui va occuper les chantiers pour dix ans et pourtant ils sont peu à candidater pour venir travailler. Une situation qui inquiète Serge Bourdon, le directeurs des ressources humaines de STX.

"Le problème c'est que nos besoins sont déjà très importants et on fait face à l'urgence. On a une quarantaine de chaudronniers et une soixantaine de soudeurs à trouver d'ici la fin 2017", explique-t-il. 

Mais ces métiers n'attirent plus les jeunes selon Donation Boudaut, le directeur de l'agence Randstad à Saint-Nazaire. "Quand on parle de la navale, le jeune va plutôt penser à des facteurs de pénibilité. Les jeunes sont jusqu'ici plutôt attirés par l'aéronautique, on le voit quand on fait des forums dans les collèges et les lycées professionnels. Quand on est soudeur ou chaudronnier, on travaille dans un environnement qui est bruyant, qui est peut-être plus sale par rapport à l'aéronautique et qui va peut-être plus rebuter certains jeunes", estime-t-il. 

"Il y a eu un creux dans la navale"

Aujourd'hui, l'entreprise propose 150 CDI à pourvoir avant la fin de l'année. Mais pour Béatrice Rouillé, en charge du recrutement industriel au Pôle emploi de Saint-Nazaire, la difficulté à recruter s'explique aussi par l'incertitude qui a pu exister dans le secteur.

"Il y a eu un creux dans la navale. C'est-à-dire qu'en 2010, 2011 et 2012, à Pôle Emploi on a eu des gens qu'il a fallu reconvertir parce qu'on ne savait pas si ça allait repartir. Donc il y a des gens qui sont partis dans la menuiserie ou qui ont créé d'autres projets", se souvient-elle. 

Ces métiers techniques avec des savoirs-faire précis souffrent aussi d'un manque de formation. Le CAP soudeur n'existe plus en France depuis 1988.

C. B avec Anaïs Denet