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"Les leçons de morale à Martine Aubry, ça suffit!", lance un proche de la maire de Lille

Martine Aubry s'est contentée d'appeler à "faire barrage au Front national", sans mentionner le candidat d'En Marche!. Une attitude très critiquée à gauche mais qui est un faux débat pour Stéphane Troussel, président socialiste du Conseil général de Seine-Saint-Denis et proche de Martine Aubry. Invité dans Radio Brunet, il règle ses comptes avec les ténors de gauche qui ont attaqué la maire de Lille.

Martine Aubry n'a pas expressément appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, et cela énerve quelques membres du Parti socialiste. Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, s'est notamment agacé, lui reprochant de ne pas être "à la hauteur des enjeux". Des déclarations qui irritent profondément Stéphane Troussel, proche de la maire de Lille et invité dans Radio Brunet

"Quand on a été ministre sous ce gouvernement, on devrait commencer à s’interroger sur les raisons profondes pour lesquelles après cinq ans, il y a une extrême droite au deuxième tour de l’élection, qui a rassemblé près de huit millions d’électeurs. Franchement, les leçons de morale à Martine Aubry, ça suffit! Personne ne peut mettre en doute son engagement résolu contre l’extrême droite. Par contre, tous ceux qui font semblant de faire croire aux électeurs que tout a disparu, et que les divergences n’existent plus, se trompent profondément. Je considère Macron comme un libéral et pour autant je ne me trompe pas. Le dimanche 7 mai, je ferai barrage en prenant un bulletin de vote Macron. Mais je ne cacherai rien aux électeurs des divergences profondes que j’ai avec lui".

Pour Stéphane Troussel, Martine Aubry votera pour Emmanuel Macron, et la communication de la maire de Lille est adaptée à la situation. "Martine Aubry sait que ses électeurs ont un certain nombre de reproches à faire à Emmanuel Macron. Pour les convaincre d’aller voter pour lui, elle sait mieux que d’autres comment utiliser les bonnes formules. J’aurais aimé que Bertrand Delanoë (qui a aussi critiqué Martine Aubry, NDLR), pour qui j’ai beaucoup de respect, appelle à voter Benoît Hamon avant de soutenir Macron avant le premier tour. Son engagement aujourd’hui serait bien plus fort. Ce sont des règlements de comptes du petit microcosme médiatico-politique qui n’aime pas cette femme depuis longtemps. Mais elle tient bon et elle a raison. Elle sait mieux que quiconque que ses électeurs ont des doutes. Pour les mobiliser et les faire tous voter, chacun sa méthode".

Radio Brunet avec A. B.