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Manifestation autorisée à Paris: "Ce dialogue doit donner des idées au gouvernement pour la suite"

La manifestation contre la loi Travail à l'appel de l'intersyndicale pourra finalement avoir lieu jeudi.

La manifestation contre la loi Travail à l'appel de l'intersyndicale pourra finalement avoir lieu jeudi. - AFP

La manifestation contre la loi Travail d'abord interdite pourra finalement avoir lieu jeudi. Une décision qu'a saluée Karl Ghazi mercredi dans Carrément Brunet. Pour lui, cette décision démontre qu'un dialogue est possible et qu'il doit se poursuivre sur la loi El Khomri.

Jeudi, les militants mobilisés contre la loi Travail pourront défiler à Paris. Le gouvernement a fait volte-face mercredi et autorisé un rassemblement, interdit dans un premier temps. La manifestation se déroulera sur "un circuit extrêmement court" entre la place de la Bastille et le bassin de l'Arsenal. Une décision annoncée par Bernard Cazeneuve après une rencontre avec Philippe Martinez et Jean-Claude Mailly, les responsables CGT et FO.

"Ca montre que le dialogue peut être fructueux, relève Karl Ghazi, secrétaire de la CGT commerce. S'il y avait eu plus de dialogue depuis le début de la présentation de la loi El Khomri, on n'en serait peut-être pas là aujourd'hui".

Les syndicats pourront donc défiler en toute légalité mais ils étaient "prêts à braver des interdictions qui portent atteinte à des libertés fondamentales (…). Bafouer une liberté inscrite dans la Déclaration des droits de 1789 et dans la Constitution française ce n'est quand même pas une rigolade", poursuit le syndicaliste.

"On était en train de faire sauter un tabou"

Pour Eric Brunet pourtant, les appels du gouvernement à repousser la manifestation n'étaient pas déraisonnables et faisaient appel "au bon sens et à la raison" et ne cherchaient pas à "tuer la liberté".

"Ce n'était pas qu'un petit bras de fer, objecte Karl Ghazi. On était en train de faire sauter un tabou, quelque chose de fondamental dans notre vie démocratique. On justifie cette tentative d'interdire par la menace terroriste. Quel plus beau cadeau faire aux terroristes que de dire il faut mettre la démocratie en sourdine parce qu'il y a une menace terroriste?", poursuit le syndicaliste. 

"La balle est dans le camp du gouvernement"

Il regrette également les attaques du gouvernement contre les militants et notamment celle de Bernard Cazeneuve qui avait accusé "des militants de la CGT" d'avoir "pris violemment à partie les forces de l'ordre".

"On essaye de nous imposer depuis le 4 juin une équation qui serait casseurs = manifestants = CGT = terroristes. C'est très cynique. Est-ce que vous pensez que tous les spectateurs des matches de foot sont responsables de ce que font les hooligans? Bien sûr que non", soutient Karl Ghazi.

Le responsable syndical reste "ravi" que Manuel Valls ait "changé d'avis". "Ce premier exemple de dialogue autour de cette manifestation doit donner des idées au gouvernement pour la suite" espère Karl Ghazi. Pour lui désormais, "la balle est dans leur camp". 

Carole Blanchard