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Non, les hypermarchés ne vont pas disparaître assure ce spécialiste

Après l'annonce de la cession de 21 sites du groupe Auchan mardi, certaines voix affirment que l'hypermarché est en voie d'extinction. Mais Yves Puget, directeur du magasine LSA spécialisé dans la consommation, assure dans Radio Brunet ce mercredi qu'il est exagéré de parler de la fin de ce modèle.

Les Français abandonnent-ils vraiment les grandes surfaces ? Le modèle de l'hypermarché est pointé du doigt par certains spécialistes après l'annonce de la fermeture d'une vingtaine de magasins Auchan en France. Le groupe est confronté de son propre aveu à une situation économique "très difficile", et a annoncé mardi qu'il ouvrait le premier volet de son plan de "redressement", qui passe par la cession de 21 sites, ce qui concerne potentiellement entre 700 et 800 salariés.

Dans le cadre de cette démarche, intitulée "Renaissance", la direction a annoncé qu'elle mettrait en place un plan centré sur l'hypermarché, le format phare de l'enseigne, qui doit "se métamorphoser" pour ne pas perdre en "attractivité". Des nouveaux projets comme l'instauration de "concessions" passées avec d'autres entreprises de la galaxie Mulliez (Decathlon, Boulanger, Leroy Merlin, Norauto ou Kiabi) sont en projet.

"La première fois qu’on annonçait la fin des hypermarchés c’était au début des années 90"

Ce renouvellement contraint pose la question plus générale d'un possible désamour des consommateurs français et européens vis-à-vis des grandes surfaces. Néanmoins, Yves Puget, directeur des rédactions de LSA, magazine des professionnels de la consommation, vient relativiser cette analyse en rappelant qu'il n'y a qu'un seul hypermarché qui est concerné par la fermeture des 21 sites Auchan. 

"(Le modèle de l'hypermarché) va sans doute s’essouffler, mais disparaître, je ne pense pas. La première fois qu’on annonçait la fin des hypermarchés c’était au début des années 90. Aujourd’hui c’est quand même 2.200 magasins et le débat depuis mardi m’amuse, même si c’est triste pour les personnes concernées. Tout le monde parle de la fin de l’hypermarché, mais Auchan a annoncé la fermeture de 11 supermarchés, un magasin bio, un drive et un hypermarché seulement. Donc il ne faut pas se focaliser là-dessus."

"Ce qu’ils ont fait en centre-ville ils doivent maintenant le faire en périphérie et dans les hypermarchés"

Selon ce spécialiste, les grandes surfaces ont surtout un problème dans le domaine non-alimentaire. Et les grands distributeurs devraient s'inspirer d'une mutation qui fonctionne, notamment dans la capitale: les supérettes de quartier qui sont montées en gamme. 

"Les interrogations sont de plusieurs ordres, plus les magasins sont grands plus il y a du non-alimentaire, et il y a des inquiétudes dans ce domaine car Amazon et les autres progressent, et les enseignes spécialisées comme Boulanger font leur job.
Les magasins de proximité étaient très touchés il y a quelques années mais on parle beaucoup du regain de la proximité, ce qui est vrai. Mais il y a deux lectures de ce regain. Soit c’est une tendance de consommation, j’y crois. Mais il y a aussi les distributeurs qui ont investi dans leur outil de travail. Regardez en région parisienne la qualité des magasins de proximité. Donc ce qu’ils ont fait en centre-ville ils doivent maintenant le faire en périphérie et dans les hypermarchés. Mais il y a un écart de prix de 10 à 15% en raison de la livraison et de l’immobilier."
James Abbott