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Pourquoi le taux de chômage est beaucoup plus bas au Royaume-Uni et en Irlande qu'en France

Alors que le gouvernement français vise un taux de chômage de 7% pour la fin du quinquennat Macron, le Royaume-Uni a vu son taux atteindre les 3,8%, une première depuis 1974.

La France est un des mauvais élèves européens en matière de chômage. Selon des chiffres publiés le 26 avril dernier par le ministère du travail et Pôle emploi 5,91 millions de personnes étaient sans emploi, soit 8,7%. 

Le président de la République, Emmanuel Macron, s’était fixé un ratio de 7% pour la fin du quinquennat, un chiffre qui reste pour l’instant assez lointain. Pourtant, en Europe, beaucoup font mieux. C’est notamment le cas au Royaume-Uni, où le taux de chômage, a atteint son plus bas niveau depuis 1974, avec 3,8%. 

Alors comment font nos voisins européens outre-manche ?

En Angleterre 

"Le marché du travail au Royaume-Uni est beaucoup plus flexible qu’en France. Si une entreprise recrute un employé, pendant deux ans il y a une sorte de période d’essai qui se met en place. Mécaniquement, ça permet de recruter plus, d’avoir un peu moins peur si jamais il faut licencier et ça permet aussi aux salariés d’être un peu plus mobile. 

La deuxième raison, c’est que culturellement, les Anglais ont beaucoup moins de difficultés à voyager pour prendre un travail. Moi, je travaille à Londres, il y a énormément de gens qui sont à Manchester ou Leeds, dans le nord du pays, et qui viennent travailler la semaine à Londres parce qu’il y a beaucoup plus de travail, et qui retourne le week-end chez eux", affirme Jacques, installé à Londres, auditeur de RMC.

En Irlande 

"En France il faut travailler quatre mois pour avoir le chômage, en Irlande, il faut travailler deux ans et tu touches le chômage pendant neuf mois grand maximum" explique Marie-Ève, Française installée en Irlande.

"Et par mois, le chômage, c’est 812 euros maximum. Donc quand tu touches 812 euros par mois et que tu as 800 euros de chambre à payer, tu dois trouver très très vite un travail. De plus, ici, on travaille 40 heures par semaine. 

Donc, par rapport à la France, on travaille plus, on a aussi moins de vacances, mais on a l’avantage d’être en CDI puisqu’il n’y a pas ces CDD qui se renouvellent trois mois, six mois, un an" a détaillé Marie-Ève au téléphone d'Eric Brunet.

Qu'en disent les spécialistes? 

L'Office des statistiques nationales britannique explique cette performance par le fait que davantage de femmes travaillent entre 60 et 65 ans en raison d'une réforme des pensions des retraite.

Plusieurs économistes expliquent en outre les bons chiffres du chômage par la décision d'entreprises d'embaucher plutôt que de lancer des projets d'investissements compte tenu du flou sur la sortie de l'UE.

La flexibilité du marché de l'emploi permet en outre aux entreprises de se séparer facilement de salariés. Les bons chiffres de l'emploi ne masquent pas un niveau préoccupant d'inégalités économiques et sociales.

La puissante organisation syndicale TUC s'alarme notamment dans une enquête mardi de salaires toujours inférieurs à ce qu'ils étaient avant la crise financière, notamment dans le secteur public, loin du florissant monde de la finance.

Guillaume Descours