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"Routes d'Europe": des salaires très bas et des conditions de travail difficiles, le secret du faible taux de chômage en Hongrie

Dans le pays, le taux de chômage est seulement de 3,6%. Mais les conditions de travail sont extrêmement difficiles avec notamment des salaires très bas.

C’est un chiffre dont le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, est fier. Seulement 3,6% de taux de chômage en Hongrie, presque une situation de plein-emploi. Pourtant, derrière ce chiffre flatteur, se cache une toute autre réalité. Celle de salaires très bas, et de conditions de travail qui ne cessent de se durcir. Alors que le salaire minimum est de 1520 euros brut en France, il n’est que de 460 euros en Hongrie. Ces derniers mois, des grèves dures ont secoué le pays, du jamais-vu depuis la fin du communisme.

C’est l’heure du premier roulement dans cette usine de pneus. Les ouvriers en tenue de travail sortent à la chaîne. Parmi eux, Gabor Szabo, 31 ans.

"Moi, je travaille ici depuis douze ans. Je touche 800 euros nets par mois. On fait les trois huit, on travaille même certains week-ends et c’est notre vie de famille qui en pâtit", explique-t-il.

Après une grève inédite de dix jours, il a réussi à obtenir de meilleurs salaires pour les ouvriers. Une augmentation de 18%, mais le chemin est encore long. "Ça ne concerne pas uniquement notre usine, tous les travailleurs en Hongrie sont très mal payés. Les salaires sont si bas que les Hongrois partent en Autriche ou en Allemagne", précise-t-il. 

400 heures d'heures supplémentaires par an

Une situation qui empire d’année en année selon Tamas Sekely, vice-président de la confédération des syndicats hongrois. 

"Depuis que Viktor Orban est au pouvoir, les conditions de travail des travailleurs hongrois sont vraiment très difficiles. Les pouvoirs des syndicats sont réduits, le droit de grève est bafoué. La cerise sur le gâteau, c’est la loi qu’on appelle la loi esclavage. Avant les heures supplémentaires étaient limitées à 150 heures, mais maintenant les employeurs peuvent aller jusqu’à 400 heures par an, c’est inacceptable", dénonce-t-il.

Vendredi, Tamas Sekely a manifesté à Bruxelles, devant le Parlement européen pour réclamer de meilleurs conditions de travail pour tous les salariés. 

Marie Monier et Juliette Droz avec Guillaume Descours