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Réquisitionner des bâtiments publics pour les migrants: "Emmanuelle Cosse a voulu attirer l'attention des élus"

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Ce mardi dans "Radio Brunet", retour sur la proposition de la ministre du Logement Emmanuelle Cosse de réquisitionner les bâtiments publics.

La ministre du Logement Emmanuelle Cosse a annoncé ce dimanche vouloir réquisitionner les bâtiments publics pour loger des migrants alors que la jungle de Calais accueille désormais 10.000 migrants.

Pour Pierre Henry, directeur général de France Terre d'Asile, il s'agit avant tout "d'une réponse d'attente". "Je ne vois pas Emmanuelle Cosse véritablement réquisitionner les bâtiments publics, elle réagit à une situation qui est la suivante: vous avez une augmentation de la demande d'asile en France, 110.000 personnes sont prévues cette année contre 80.000 l'an dernier", expose-t-il.

"Une désorganisation territoriale de l'accueil"

Il préconise une meilleure répartition des migrants à travers la France, alors que les migrants sont majoritairement regroupés à Paris et à Calais. "Vous avez une désorganisation territoriale de l'accueil si vous ne répartissez pas dans l'ensemble des grandes agglomérations, la situation de chaos et de souffrance va continuer. Il y a besoin de créer dans toutes les grandes capitales régionales des structures à l'identique de ce qui va se faire à Paris à la fin du mois de septembre. Mais ce centre ne marchera pas si parallèlement il n'y a pas de structures analogues dans tous les départements. Je pense qu'Emmanuelle Cosse a voulu attirer l'attention d'un certain nombre d'élus qui sont très rétifs à l'accueil", estime-t-il.

Et pour Natacha Bouchart, la maire de Calais, également invitée dans "Radio Brunet", la faute incombe au gouvernement: "On se retrouve dans une situation délirante. Ce qui est intolérable c'est qu'on n'est toujours pas savoir ce que ces gens recherchent, on n'est pas capables de savoir qui sont ceux qui fuient la guerre, qui sont les migrants économiques. La situation d'aujourd'hui est celle d'un état et d'un gouvernement qui ont laissé faire".

P.B.