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"Si nous avons été si nombreux à quitter le MoDem, c’est aussi à cause des problèmes de gouvernance"

Sous le feu des critiques depuis le début de l’affaire des assistants parlementaires du MoDem, le ministre de la Justice François Bayrou a été rappelé à l’ordre par le Premier ministre. En cause, les pressions exercées par le garde des Sceaux sur des journalistes de France Inter, qui enquêtaient sur cette affaire. Une attitude qui ne surprend pas Corinne Lepage, présidente de Cap 21, et ancienne vice-présidente du MoDem.

Emmanuel Macron "n’aura aucun scrupule" à congédier François Bayrou. C’est ce qu’a affirmé l’entourage du président à RTL ce mercredi, tant la position du garde des Sceaux est délicate. Après avoir vu son parti suspecté de rémunération frauduleuse de ses salariés, le ministre de la Justice a téléphoné au directeur de l’investigation de Radio France, pour se plaindre d’une enquête sur cette affaire. Un comportement lourd de sens pour Corinne Lepage, ancienne eurodéputée du MoDem et invitée dans Radio Brunet

"Dans un pays comme la France, avec cette révérence monarchique, qu’un ministre se donne la peine de passer un coup de téléphone, ça a du sens, ça a du poids. Le citoyen lambda ne se permettrait pas de téléphoner à un rédacteur en chef, pour se plaindre d’une enquête en préparation. De toute façon, il ne le prendrait pas au téléphone, et le citoyen ne saurait même pas qu’une enquête existe".

Corinne Lepage s’en prend ensuite frontalement au ministre de la Justice, affirmant que son comportement à la tête du MoDem a été un problème par le passé. "Si nous avons été si nombreux à quitter le MoDem, parce que je n’ai pas été la seule ni la première, c’est qu’il y avait des difficultés au sein du parti. Il n'y avait pas que des problèmes de fond, il y avait aussi des problèmes de gouvernance".

A travers ces critiques, Corinne Lepage explique qu’elle n’est pas surprise par l’attitude de François Bayrou, qui selon elle, doit beaucoup à Emmanuel Macron. "Je pense que le succès attendu des députés estampillés MoDem vient bien entendu de l’étiquette Emmanuel Macron. Sinon je doute fort que le MoDem eu fait les mêmes scores. François Bayrou s’est estimé faiseur de roi, ce qui est vrai mais pas en totalité. Avec le recul, on a plus le sentiment que François Bayrou pouvait faire perdre Emmanuel Macron que le sentiment qu’il l’a fait gagner. Aujourd’hui, si le MoDem va pouvoir disposer d’un grand nombre de parlementaires et de la capacité financière qui va avec, c’est à Emmanuel Macron qu’il le doit".

Radio Brunet avec A. B.