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Trop de véhicules, trop de casernes: polémique autour de la gestion financière des pompiers du Nord

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La chambre régionale des comptes a critiqué la gestion de l'activité du SDIS 59. Elle pointe notamment du doigt la mauvaise répartition des casernes ainsi que le coûteux surnombre de véhicules.

Les pompiers du Nord coûtent très cher. La chambre régionale des comptes (CRC) dresse un constat sévère de l’activité et les comptes du service départemental d’incendie et de secours du Nord (SDIS 59) depuis 2011.

Selon La Voix du Nord qui a pu consulter le rapport, la CRC a critiqué "la surdimension, le coût et la fragilité des fondamentaux financiers", du SDIS du Nord. 

Ce service est le premier de France en termes de population défendue (2,6 millions de personne) et de pompiers volontaires et professionnels (ils sont 6333 en 2016). Ils font en moyenne 439 interventions par jour, ce qui en fait un des plus actif du pays. 

Et 80% des interventions sont effectuées dans un délai de moins d’un quart d’heure. Et ce, pour 82 euros par an et par habitant en 2016.

Surnombre de 400 véhicules

Pourtant, le CRC soulève plusieurs défaillances. Sur les 115 casernes que compte le SDIS 59, certaines sont "inadaptées à la sollicitation réelle" et aux besoins des populations. De manière générale, elles sont jugées plutôt "mal dispersées". De plus, elle pointe un surnombre 400 véhicules sur les 1332 que compte le service. 

La CRC critique ainsi "des coûts élevés d’organisation" et "des choix de gestion des ressources humaines". Elle parle "d’absence de maîtrise suffisante de la masse salariale" passée de 146,5 millions d’euros en 2011 à 160 millions d’euros en 2016 alors même que le nombre de pompiers a légèrement diminué.

La légitimité de la CRC remise en cause 

Cette diminution n’a pas été sans conséquence. La capacité d’autofinancement du SDIS a été réduite de manière drastique (1,1 million d’euros). Cela implique également une baisse du niveau d’investissement, alors que des besoins existent toujours.

La CGT remet en cause la légitimité de la CRC "pilotée par des gens qui ne pensent qu’en termes de coût et qui veulent casser le service public pour privatiser". 

Radio Brunet