RMC

A la Castellane, trois mois après la fusillade, "il ne se passe pas une semaine sans un coup de feu"

Plus de trois mois après les tirs de Kalachnikov qui avaient marqué la visite de Manuel Valls, et alors que le Premier ministre revient ce vendredi à Marseille, RMC est retournée dans le quartier de la Castellane et a rencontré des habitants désabusés. Ils déplorent en effet l'inaction de l'Etat.

Il l'avait promis, il est de retour. Manuel Valls est ce vendredi matin à Marseille, trois mois après sa dernière visite marquée par une fusillade dans le quartier de la Castellane. Tirs de Kalachnikov qui avaient pris pour cible, non pas le Premier ministre mais des policiers présents sur place et qui n'avait aucun lien avec la visite de Manuel Valls ce jour-là. Mais trois mois après, RMC est retournée dans ce quartier et a rencontré des habitants désabusés. Alors que de nombreuses promesses avaient été faites, tous déplorent l'inaction de l'Etat.

"Les premiers temps, les gens vivaient normalement"

Pourtant José a, "les premiers temps", constaté un réel changement dans la cité phocéenne. "Pendant trois semaines, nous avons eu une présence massive de policiers et de gendarmes. Jour et nuit, ils contrôlaient tout le quartier", se souvient-il. Conséquence: "Les gens qui trafiquent, on ne les voyait plus dans les rues, les enfants jouaient dehors. Les gens vivaient normalement". Mais cet apaisement aura été de courte durée.

Car, depuis, les policiers se font plus rares et les dealers ont repris leurs habitudes comme en témoigne Nicolas, un instituteur du quartier. "La journée, tous les guetteurs sont là. Ils ont pour but d'avertir quand la police arrive. Quand ils sont d'un côté, tout le monde sait que de l'autre c'est vide. Donc les dealers se mettent de l'autre côté et ça fonctionne : les clients arrivent", explique-t-il.

"On a peur d'un nouveau 9 février"

Avant de déplorer: "Tous les jours de la drogue se vend par kilos. La nuit, il y a toujours des coups de feu. Il ne se passe pas une semaine sans qu'il n'y ait de tirs. Concrètement, rien n'a changé". Pas de réel changement donc dans le quotidien des habitants, qui craignent d'être confrontés à de nouvelles violences liées au trafic de drogue. "C'est ce qu'on craint le plus, reconnaît José. On a peur d'un nouveau 9 février vu qu'on est à nouveau dans la même situation".

Cet habitant de la Castellane regrette "que rien ne soit fait" et s'interroge: "On fait quoi dans ce cas? On demande à partir? On ne peut pas partir". Il poursuit, remonté: "On dirait que l'Etat n'a pas pris conscience de ce jour-là alors que cela n'était jamais arrivé avant. Jamais nous n'avions eu 7 000 habitants pris en otages par des gens avec des Kalachnikovs". Bien au-delà d'une présence policière, ce que demandent les habitants ce sont des actions concrètes pour réduire le chômage à la Castellane, la création d'espaces publics et l'ouverture de commerce pour rompre avec l'isolement du quartier.

Maxime Ricard avec Elodie Messager