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A Roanne, le maire ne veut que des réfugiés chrétiens: "Certains seraient des êtres humains et d’autres des animaux?"

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Le député-maire de Roanne Yves Nicolin (Les Républicains) s'est dit prêt à accueillir des réfugiés "à la condition qu'ils soient des réfugiés chrétiens" par crainte de "terroristes déguisés."

À Roanne, dans la Loire, on est prêt à accueillir des réfugiés irakiens ou syriens. Oui, mais pas n’importe lesquels : des réfugiés chrétiens. C'est le député-maire Les Républicains de la ville, Yves Nicolin, qui impose cette condition par crainte de terroristes déguisés.

Il se dit prêt à recevoir en priorité une dizaine de familles s'il s'agit bien de chrétiens persécutés en Syrie ou en Irak par Daesh et non si ce sont simplement des réfugiés économiques. Pour les autres, Yves Nicolin souhaite plus de contrôles et de vérifications avant l'ouverture des frontières.

"Ca me parait censé, à cause de tous les attentats", juge Didier, habitant de la ville. Il faut prendre des précautions."

Mais dans la communauté musulmane, l'idée passe mal. "C’est choquant cette déclaration", estime Madi Ounis, l'imam de la Grande Mosquée de Roanne. "Pour moi, c’est du racisme déguisé de faire l’amalgame comme cela."

"Du racisme déguisé"

"En tant qu’être humain, cela me choque", renchérit Ridha, fidèle de la mosquée. "Normalement, il ne devrait pas y avoir de différence entre musulmans, chrétiens ou juifs, on est tous des êtres humains. On a le droit de vivre. C’est une question d‘humanité. Les chrétiens peuvent rentrer et pas les musulmans ? Certains seraient des êtres humains et d’autres des animaux ? C’est tout un peuple qui est massacré ici. S’ils prennent la décision politique d’accueillir des réfugiés, qu’ils ne fassent pas de distinction.

Si des réfugiés musulmans sont refusés à l'entrée de la ville, l'Eglise pourrait bien les recueillir. "Si on peut accueillir, nous le ferons", affirme Robert Barriquand, responsable du Secours Catholique. Nous sommes croyants les uns les autres."

Il sera de toute façon difficile pour l'édile de Roanne de procéder à une telle sélection. Le Préfet de la Loire a rappelé dans un communiqué que l'accueil des réfugiés ne pourrait pas se faire d'une manière discriminante, basée sur la religion par exemple.