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Accueil de réfugiés: trois maires défendent leur position

Des réfugiés irakiens arrivent dans une commune française, après avoir quitté leur pays en guerre.

Des réfugiés irakiens arrivent dans une commune française, après avoir quitté leur pays en guerre. - JP. Ksiazek - AFP

Face à l'afflux de migrants et de réfugiés, plusieurs communes accueillent ou ont proposé d'accueillir des réfugiés. Trois maires ont parlé de leur propre expérience et ont donné leur avis sur la question des migrants, ce lundi chez Jean-Jacques Bourdin.

Joël Dazas, maire de Loudun (Divers droite)

Cette commune de la Vienne de 7.000 habitants accueille une trentaine de demandeurs d'asile à la demande de l'État. "L'État nous a invités à accueillir 90 migrants. Depuis un mois, nous en accueillons déjà 36. Ce ne sont pas des syriens. Ils sont Éthiopiens, Soudanais, Afghans, Algériens, Togolais…". "Ça se passe bien. Même si cela nous est imposé, nous avons le devoir de les accueillir le plus décemment possible. Nous avons eu des réunions avec l'État et nous avons fait une réunion publique avec les habitants".

S'il les accueille de bonne grâce, Joël Dazas reconnaît qu'il n'avait pas prévu d'accueillir ces migrants, qui sont logés dans un immeuble de la commune. "Cela n'a pas été mon projet. Nous avions un autre projet sur ce bâtiment qui logeait des étudiants. Depuis une dizaine d'années il était inoccupé, et nous voulions le racheter".

Il explique que pour l'instant, il n'est pas aidé financièrement. "Nous aurons peut-être besoin de l'État a un moment et nous espérons qu'ils auront un œil attentif sur notre ville".

Maryse Joissains, maire d'Aix-en-Provence (Les Républicains)

La maire les Républicains n'est, elle, pas du tout favorable à l'accueil de réfugiés syriens. "Je pense que nous faisons ça dans l'impréparation". Selon elle, "on fait appel au bon cœur de chacun et on essaie de culpabiliser ceux qui ne seraient pas d'accord". Pour Maryse Joissains, "on est face à une immigration massive, alors que la France accueille déjà une immigration incontrôlée. Sur ma commune, on a des roms qui ont envahi un immeuble complet destiné aux jeunes travailleurs pauvres du territoire. Nous avons déjà énormément de problèmes sur nos territoires".

La maire d'Aix-en-Provence est persuadé qu'il y a "d'autres moyens à mettre en œuvre. Ils ne sont pas faits pour venir dans d'autres civilisations. Il faut les aider chez eux".

Gaël Perdriau, maire de Saint-Étienne (Les Républicains)

Gaël Perdriau, n'est pas du tout de l'avis de sa consœur d'Aix-En-Provence. Lui est Favorable à l'accueil de demandeurs d'asile. "A un moment il faut arrêter de faire de la politique et avoir un peu d'humanité, simplement". Faisant un parallèle avec les commémorations de la seconde mondiale, il explique: "On ne peut pas saluer les justes qui ont protégé les juifs et aujourd'hui devenir aveugle".

Selon lui, si les Français semblent majoritairement opposé à l'accueil de réfugiés, c'est notamment à cause de "la confusion et l'amalgame entre migrants et réfugiés". "Si on est dans cette situation de confusion et d'amalgame, c'est aussi parce que l'État met deux ans à répondre aux demandeurs.

Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin