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Affaire des dîners: et si le chef Christophe Leroy et Pierre-Jean Chalençon avaient joué avec les limites de la légalité?

Lors d'une perquisition chez lui, Christophe Leroy a montré des documents montrant des repas... mais chez des particuliers et non pas des restaurants.

Jouer avec les règles... sans jamais franchir la limite? Alors que l'"affaire des dîners" continue d'interroger, le cuisinier Christophe Leroy, soupçonné d'avoir organisé ces repas luxueux clandestins notamment au Palais Vivienne de Pierre-Jean Chalençon, a affirmé jeudi par la voix de son avocat que ces agapes étaient légales et qu'aucun ministre n'y avait participé.

Lors de la perquisition menée mercredi à son domicile parisien, Christophe Leroy "a pu remettre un certain nombre de documents établissant que les prestations qu'il a effectuées l'ont été, comme la loi l'autorise, dans des domiciles privés et non pas dans des établissements recevant du public (ERP) de type restaurant", indique Me Thierry Fradet dans un communiqué. "En tout état de cause et contrairement à ce qui a été affirmé de manière peu professionnelle, aucun membre du gouvernement n'a participé aux repas", ajoute-t-il, dénonçant un "mauvais procès" à l'encontre de son client.

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La diffusion vendredi d'un reportage par M6 sur des dîners clandestins fastueux à Paris a déclenché une vive polémique le week-end dernier, un des organisateurs, identifié comme étant Pierre-Jean Chalençon, affirmant avoir "dîné dans la semaine dans 2/3 restaurants clandestins" où il aurait croisé "des ministres". Le reportage faisait notamment état d'un dîner au Palais Vivienne "autour d'un menu caviar et champagne" au prix de "220 euros par personne" concocté par le cuisinier.

Le chef, peu connu du grand public, est au coeur de la polémique depuis plusieurs jours, notamment face aux internautes qui se moquent de ses recettes postées sur son compte Instagram.

Que dit la loi?

Or, comme l'indique l'avocat, malgré le confinement, il est possible de recevoir... mais sous certaines règles. 

Ainsi, comme l'a précisé le Ministère de l’Intérieur, fin mars, la fameuse "règle des 6 personnes" reste une recommandation et non pas une interdiction. Et pour cause: il n'y a rien d’interdit de se rassembler chez soi, que l'on soit en petit comité... ou en plus grand nombre. Même si cela reste peu recommandable face au Covid-19 et que ces "rencontres" sont soumises au règle du couvre-feu entre 6h et 19h.

Et les règles sont simples: les autorités ne peuvent intervenir qu'en cas de fêtes clandestines ou de tapage nocturne. Il faut rappeler que les policiers ne peuvent intervenir à l'intérieur d'un logement de particuliers, comme le veut l’article 9 du Code civil.

"L'humour"

Depuis, Pierre-Jean Chalençon est revenu sur ses déclarations, en expliquant avoir voulu faire de "l'humour". Le reportage a enflammé les réseaux sociaux durant le weekend, provoqué des réactions de la classe politique, et entraîné l'ouverture d'une enquête. Me Fradet, qui a assuré que son client réservait ses déclarations aux enquêteurs, a estimé que les journalistes de M6 avaient "agi dans des conditions juridiquement critiquables", n'ayant pas annoncé "leur qualité" et ayant filmé "l'intérieur d'un domicile privé au moyen d'une caméra cachée".

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a déclaré mardi qu'à sa connaissance, aucun ministre ne participait à de tels dîners de luxe clandestins et il a pourfendu une rumeur qui "sape les fondements de la démocratie".

La rédaction de RMC avec AFP