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Affaire Volkswagen: "Si même eux commencent à tricher, il n'y a plus rien à espérer du milieu automobile"

Ce mardi, Volkswagen a admis que 11 millions de véhicules dans le monde ont été équipés du "logiciel-tricheur"

Ce mardi, Volkswagen a admis que 11 millions de véhicules dans le monde ont été équipés du "logiciel-tricheur" - ODD ANDERSEN / AFP

Ce mardi, Volkswagen a admis que 11 millions de véhicules dans le monde ont été équipés d'un "logiciel-tricheur" permettant de contourner les tests anti-pollution sur les véhicules diesel. Un véritable coup dur pour le constructeur allemand mais au-delà pour toute l'industrie automobile et pour l'image du diesel pollueur comme a pu le constater RMC dans un centre de contrôle technique.

Le scandale prend une tournure mondiale. Volkswagen est plus que jamais dans la tourmente. Ce mardi, le constructeur allemand a en effet admis que 11 millions de véhicules dans le monde étaient équipés du logiciel de trucage aux tests anti-pollution découvert aux Etats-Unis. Résultat: l'action en bourse de la marque dégringole, et les critiques fusent. Car ces révélations représentent bien un coup dur pour l'ensemble de la profession comme a pu s'en rendre compte RMC dans un centre de contrôle technique.

Sur place, Nelson Martens, le patron, passe toutes ses journées à effectuer des tests anti-pollution sur des voitures diesel. Et pour lui, la triche est à tous les étages: avant la mise sur le marché comme au moment du contrôle technique. "Certains constructeurs nous interdisent d'accélérer à plus de 2.500 tours/minute. Le moteur est bridé à cette limite et on ne peut donc pas le pousser à son maximum. Question pollution, on n'est donc à zéro mais quand le véhicule se retrouve sur la route ce n'est pas le cas. En effet, vous allez accélérer et le moteur montera jusqu'à 4.000 ou 4.500 tours/minute", déplore-t-il, très remonté.

"C'est vraiment dommage"

Et d'insister: "Ils trichent. C'est donc de la triche pure et simple". Zéro pollution, des véhicules qui passent le contrôle sans contre-visite… Nelson n'est pas étonné par les récentes révélations mais il se dit "déçu" par l'affaire Volkswagen. "J'ai travaillé pendant sept ans chez eux. C'était une marque que j'appréciais parce que j'estimais que, par rapport à d'autres marques, elle avait une éthique supérieure", explique-t-il.

"Pour moi, c'était un gage de qualité, de confiance. Alors, si même eux commencent à tricher, c'est foutu: il n'y a plus rien à espérer du milieu automobile. C'est vraiment dommage", estime-t-il encore. Mais pour ce patron de centre de contrôle technique, Volkswagen n'est certainement pas un cas isolé. Il ne serait en effet pas étonné que tous les constructeurs, y compris Français, utilisent les mêmes méthodes…

M.R avec Marie Dupin