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Agression mortelle à Rouen: le caractère raciste retenu, le suspect hospitalisé en psychiatrie

L'agresseur présumé est connu des services de police pour des délits mineurs, liés aux stupéfiants, mais aussi pour crises de démence.

Moins de 72 heures après l'agression mortelle d'un jeune universitaire guinéen près de Rouen, qui a suscité un fort émoi pour son caractère présumé raciste, un suspect a été interpellé lundi matin mais sa garde à vue a rapidement été levée pour raison médicale.

Les médecins ont en effet estimé que son état psychologique n'était pas compatible avec la garde à vue. Le jeune homme de 29 ans, Français d'origine turque, est connu pour avoir des antécédents psychiatriques. Il est sous curatelle renforcée, c'est à dire le niveau le plus élevé. Il s'agit d'une mesure décidée par un juge.

La garde à vue a donc été levée pour qu'il soit transporté à l'hôpital psychiatrique. L'agresseur présumé est connu des services de police pour des délits mineurs, liés aux stupéfiants, mais aussi pour crises de démence, selon une source policière.

La justice a tout de même retenu le caractère raciste de l'agression. Lundi soir, le parquet de Rouen a ouvert une information judiciaire pour "violence volontaire ayant entraîné la mort" sans intention de la donner, avec comme circonstance aggravante, que les faits ont été commis en raison de l'éthnie, la nation, ou la religion de la victime.

" Sa nuque a frappé le sol. Et il ne s'est plus jamais relevé"

Les circonstances exactes du drame restent toujours floues. Vendredi soir, alors que la finale de la Coupe d’Afrique des Nations Algérie-Sénégal va commencer, Mamoudou Barry est dans sa voiture à quelques mètres de son domicile.

Sur RMC, Kalil Keita, un proche de Mamoudou Barry, raconte le drame: il est arrivé sur les lieux quelques minutes après le drame, appelé en urgences par la femme de la victime, alors que le suspect venait de prendre la fuite: 

"Il a dit 'vous, les sales noirs, ce soir, on va vous niquer vos races, vous niquez vos mères, vous allez voir'. Il a commence à asséner les coups. Un, deux, trois... et c'est au quatrième que monsieur Barry a chuté sur le goudron. Sa nuque a frappé le sol. Et il ne s'est plus jamais relevé" raconte-t-il mimant les coups de poings de l'agresseur et désignant l'arrêt de bus où s'est déroulé le drame. 

Une marche blanche en mémoire de Mamoudou est prévue vendredi. 

Gwladys Laffitte avec Xavier Allain