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Agriculture: quand les femmes prennent le pouvoir

Céline possède un cheptel de 450 brebis

Céline possède un cheptel de 450 brebis - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le Salon de l'agriculture a ouvert ses portes au public ce samedi, au parc des Expositions de la Porte de Versailles, à Paris. Jusqu'au 1er mars, il sera possible d'admirer les plus belles bêtes, découvrir le monde paysan et agricole et déguster toutes les spécialités régionales. Et si ce secteur est essentiellement masculin, il a tendance à se féminiser de plus en plus.

Qu'on se le dise, l'agriculture n'est pas qu'une affaire de gros bras. Si le métier est encore majoritairement masculin, les femmes sont chaque année de plus en plus nombreuses à évoluer dans le secteur agricole. Si beaucoup deviennent agricultrices car leur mari l'est aussi, de plus en plus de femmes deviennent elles-mêmes chef de leur exploitation. Ainsi, aujourd'hui, un quart des responsables d'entreprises agricoles sont des femmes. Et preuve que ce monde est en pleine évolution, on estime que dans une dizaine d'années un tiers des exploitations seront dirigées par des femmes.

"Je suis contente d'y être arrivée"

C'est déjà le cas pour Céline, 37 ans, agricultrice dans le petit village de Val dans les Deux-Sèvres. Ni fille d'agriculteur, ni femme de, elle a donc fait son trou toute seule. Et avec réussite car aujourd'hui elle possède 80 hectares de terrain et un cheptel de 450 brebis. "Mon rêve, quand je suis tombée dans l'agriculture, c'était de m'installer en totale autonomie sans avoir besoin de faire appel à un homme. Et je suis contente d'y être arrivée", déclare-t-elle à RMC.

Pourtant, au début, dans son petit village des Deux-Sèvres, Céline a dû se battre contre les préjugés. "Il faut faire ses preuves. On nous attend beaucoup au tournant parce que les gens se demandent ce que va faire une femme à conduire un gros tracteur. Il faut quand même se battre, montrer qu'on est capable. Mais ce n'est pas impossible", assure cette chef d'exploitation. Pour sa part, Aurore forme de futures agricultrices au lycée agricole de Château-Gontier dans la Mayenne. Dans Bourdin Direct, elle le confirme: être une femme dans ce monde d'hommes est loin d'être évident.

Des préjugés demeurent

"Il faut faire ses preuves, toujours se justifier. Quand on veut s'installer, il faut montrer que techniquement on tient la route", souligne-t-elle. Et de regretter que des "préjugés physiques et en termes de capacité" demeurent. Pourtant, elle assure "qu'il n'y a aucun souci: les femmes conduisent leur tracteur, labourent et sèment aussi bien que les hommes". Face à ces quelques réticences, Céline a trouvé une parade en montrant ses différences.

Pour marquer son territoire, elle a une petite astuce: "Ce qui fait rire beaucoup d'éleveurs dans mon groupement c'est que je marque mes moutons en rose. Ils savent donc tous que ce sont les moutons de Céline. On reste des femmes et il faut qu'au quotidien cela reste comme ça". Et preuve, s'il en fallait encore une, que les femmes sont tout aussi capables que les hommes d'évoluer dans ce secteur: ce jeudi Céline rentre dans les Deux-Sèvres avec une médaille d'o suite à la victoire de ses agnelles dans le concours agricole de leur catégorie.

Maxime Ricard avec Juliette Droz