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Du bureau à l'élevage d'autruches: l'improbable parcours de Jean-Pierre Perrette

Contrairement aux idées reçues, le nombre de salariés dans l'élevage a augmenté de 50% en 10 ans. Au Salon de l'agriculture, qui se déroule en ce moment Porte de Versailles, à Paris, RMC a rencontré un nouvel éleveur atypique, qui a quitté son emploi de dessinateur industriel pour devenir éleveur… d'autruches.

C'est ce que l'on pourrait appeler le retour à la terre. Le nombre de salariés dans l'élevage (bovin, ovin, porcin) a enregistré une hausse de 50% en 10 ans. Parmi eux, des citadins qui ont délaissé le costume et l'attaché-case pour enfiler des bottes. C'est le cas de Jean-Pierre Perrette, qu'a rencontré RMC au Salon de l'agriculture, qui se déroule cette semaine porte de Versailles, à Paris. Un salaire confortable dans l'industrie automobile, un bel appartement à Paris et puis un jour, avec sa femme Isabelle, ils décident de changer de vie. Après des études de mécanique et une carrière de dessinateur industriel, il a tout plaqué pour devenir éleveur, à Saint-Gondon, dans le Loiret.

"Avant je faisais 40h par semaine, j'en fais aujourd'hui 70"

"J'ai vu un élevage d'autruche dans les Vosges, ça m'a botté, on a fait un virage à gauche", raconte-il simplement. Jean-Pierre profite pleinement de son nouveau métier, loin des réunions sans fin et des chefs tyranniques. "C'est une autre vie. Déjà je travaille pour moi", argumente-t-il. Il reconnaît que "c'est plus physique que mon bureau de dessinateur à tenir mon crayon, ça c'est clair. Avant je faisais 40 heures par semaine, j'en fais aujourd'hui 70. Il ne faut pas faire ça que pour le pognon. C'est un ensemble de bien être de vie".

Au Salon de l'agriculture, le stand de Jean-Pierre Perrette et de ses autruches est assailli et il faut presque jouer des coudes pour l'approcher. "On a mis les barrières par sécurité pour les enfants, parce que l'autruche aime bien taquiner. A l'état sauvage, elle peut même tuer un lion. Parce que ça ne réfléchit pas, ça a un petit cerveau l'autruche : tu m'emmerdes, je t'attaque", prévient-il.

"Andouille, saucisse, grillé ou poilé, gâteaux avec les œufs…"

Et comme dans le cochon, tout est (presque) bon dans l'autruche. "Ce drôle d'oiseau se déguste à toutes les sauces. On dirait de la viande de bœuf. Elle est sans graisse et elle est plus tendre qu'un filet de bœuf. L'autruche, ça se cuisine grillé ou poilé. On fait aussi de l'andouille d'autruche, du saucisson. On fait aussi des gâteaux avec les œufs. Un œuf d'autruche, c'est équivalent à 24 œufs de poule, donc à la coque c'est pour 5 personnes et en omelette pour 10 personnes", détaille-t-il avec fierté.

Philippe Gril avec Victor Joanin