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Alerte aux intoxications: que faire si on ne (re)connaît pas un champignon?

Selon un dernier bilan publié vendredi, 732 personnes ont eu depuis juillet des soucis de santé après avoir mangé des champignons, dont 5 cas à forte gravité.

L’Anses tire la sonnette d’alarme. Attention aux intoxications avec les champignons non-comestibles. L’agence nationale de sécurité sanitaire signale que les centres anti-poison ont enregistré une "très nette augmentation des cas d’intoxications liées à la consommation de champignons sauvages", notamment ces deux dernières semaines. 

Déjà 732 cas ont été enregistrés depuis juillet, et la situation s'est nettement dégradée sur les 3 dernières semaines, surtout les week-ends et quand il fait beau. Les centres sont assaillis d’appels de cueilleurs plus ou moins novices, qui se plaignent de douleurs abdominales, de nausées, de vomissements. Des symptômes qui sont ressentis quelques heures après le repas et parfois jusqu'à 12 heures... Et ça peut mal se terminer: depuis cet été, cinq personnes ont été gravement touchées au foie, avec un pronostic vital engagé. L’année dernière, il y a même eu trois décès. 

Dans la forêt de Bouconne, Daniel et Jose sont à la recherche de cèpes, morilles, ou bolets. “Ca, c’est un cèpe de Bordeaux, un edulis aussi. On va se régaler, ce soir, qu’est-ce que cela sent bon”, assure-t-il. 

Attention parfois une partie de la cueillette n’est peut-être pas comestible comme le remarque José Martinez, expert en champignons. 

“Si on ne connaît pas un champignon, il faut soit s’adresser au pharmacien, ou à l’association de mycologie de Toulouse et surtout ne pas se fier sur les applications que l’on trouve sur les téléphones portables lorsque l’on est en forêt”, indique-t-il.

Attention aux applis

Comme José, et pour la première fois, les autorités sanitaires mettent en garde contre les applications d'indentification des champignons. Celles-ci permettraient, grâce à une simple photo de champignon, de le reconnaître et vous dire s'il est comestible ou non. C’est très séduisant, ça donne confiance, c’est technologique… Sauf que ça ne marche pas à tous les coups, loin de là.

Plusieurs cas d’intoxications ont été recensés, dont une famille de trois personnes qui avait utilisé une application pour se rassurer. Bilan: un placement en réanimation pour l’enfant et une greffe du foie pour le père.Un grave incident qui a conduit le centre anti-poison de Paris à tester ces applications. Et selon les premières remontées, les résultats seraient faux à plus de 50%! L’Anses recommande donc de ne pas se fier à ces applications si vous comptez consommer votre cueillette. 

Ne pas encombrer les urgences

Et en période de crise sanitaire, il est recommandé de ne pas encombrer les services d’urgences très sollicités martèle le Dr Jean-Christophe Gallart du centre anti-poison.

“Tout passage supplémentaire aux urgences participe à la désorganisation des services donc évidemment ne courrez pas aux urgences: appelez-nous! Nous vous aiderons nous vous éviterons même peut être d’aller passer un long séjour inutile aux urgences”, appuie-t-il. 

À Toulouse, actuellement, 90% des lits de réanimations sont occupés, dont près de la moitié par des patients Covid. 

Alors que faire? Si vous avez le moindre petit doute sur les champignons que vous avez récolté, vous ne les consommez pas, mais vous les montrez à votre pharmacien. Avant de les mettre dans la casserole: une petite photo, ça peut être utile aux médecins pour les identifier et trouver le traitement adéquat en cas de souci. Vous les faites bien cuire, 20 à 30 min à la poêle, 15 min dans l’eau bouillante, vous ne les donnez pas à manger aux jeunes enfants, aux seniors, et aux femmes enceintes.

Et en cas de symptômes, vous appelez le centre anti-poison le plus près de chez vous, il y en a huit en France et ils sont disponibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7... 

Que faire en cas de doute?

Dans le moindre doute, l'ARS appelle "à ne pas consommer" un champignon avant de le faire "contrôler par un spécialiste", pharmaciens ou société de mycologie.

Voici les numéros d'urgence à contacter en cas de doute:

Centres Antipoison et de Toxicovigilance
ANGERS 02 41 48 21 21
BORDEAUX 05 56 96 40 80
LILLE 0800 59 59 59
LYON 04 72 11 69 11
MARSEILLE 04 91 75 25 25
NANCY 03 83 22 50 50
PARIS 01 40 05 48 48
TOULOUSE 05 61 77 74 47

Et en cas d'urgence:

Samu - 15
Pompiers - 18
Général - 112

Jean-Wilfrid Forquès avec Guillaume Descours