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Après un divorce, le niveau de vie des femmes baisse de 27%, contre seulement 2% pour les hommes

La crise sanitaire a été parfois dure à vivre, notamment pour les couples qui n’y ont pas toujours survécu.

27% des Français avouent qu’ils ont eu au moins une fois envie de rompre depuis le début de la crise du Covid, selon un sondage IFOP. Ca monte même à un sur deux chez les moins de 30 ans. Principale raison invoquée: un manque de communication, qui arrive juste derrière des attentes différentes au plan sexuel. On trouve aussi le stress lié au travail ou le fait d’avoir des enfants.

Selon les estimations, près d’un million de couples seraient en cours de séparation actuellement en France. Il y a un petit effet rattrapage: des séparations qui n’ont pas pu être officialisées pendant les confinements. Mais il y a surtout un vrai impact de la crise sanitaire sur la santé des couples.

Une fois séparés, hommes et femmes sont loin d’être égaux

Et sans grande surprise celui qui s’en sort généralement le mieux, c’est l’homme. Selon l’INSEE, après un divorce le niveau de vie des femmes baisse de 27%, contre seulement 2% pour les hommes. Beaucoup de femmes basculent alors dans la pauvreté, particulièrement celles qui ont la garde des enfants : plus d’1/3 des femmes divorcées avec enfants sont pauvres.

Il y la pension alimentaire pour gommer les inégalités. Sauf que c’est tout le contraire. Déjà, il faut que la pension alimentaire soit honorée, ce qui n’est pas le cas dans presque 40% des cas. Mais même quand tout est fait dans les règles, la pension peut aggraver les choses, parce qu'elle est déductible des impôts pour celui qui la paye.

Celui qui la paye c’est quasiment tout le temps l’homme 

Dans 97% des cas. Concrètement vous versez 1.000€ de pension par mois, vous enlevez en moyenne 4.000€ de vos impôts. Mais de l’autre côté, la personne qui la reçoit est en revanche imposable dessus, ce qui peut lui faire perdre l’accès à certaines prestations sociales et réduire ses aides au logement. Pire même depuis cet été, le Conseil d’Etat a étendu cette taxation à toutes les dépenses prises en charge directement par le père comme les frais de scolarité ou encore les activités extrascolaires.

C’est une particularité française, on considère la pension comme un transfert de revenu, pas comme un partage des charges. Dans la plupart des autres pays, il n’y a ni imposition, ni déduction sur les pensions alimentaires. Résultat, certaines femmes en viennent à la refuser, pour ne pas perdre les aides auxquelles elles ont droit. 

Géraldine de Mori (avec J.A.)