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Attaque au couteau à Paris: une récupération politique intolérable? Ca fait débat

Dès l'annonce de l'attaque au couteau samedi à Paris, la récupération politique va bon train: des critiques envers le gouvernement surtout, de la part des partis de droite. Une récupération politique intolérable? Ca fait débat.

Des "actes plutôt que des commentaires", les "fiches S"... Dès l'attaque perpétrée par Khamzat Azimov, ce Français de 20 ans, né en Tchétchénie, fiché S et abattu par les policiers juste après avoir attaqué au couteau plusieurs personnes en plein Paris, samedi soir, des nombreux politiques ont laissé des commentaires sur les réseaux sociaux.

Des critiques envers le gouvernement surtout, de la part des partis de droite.... Les Républicains demandent ainsi des actes et non plus des commentaires, Laurent Wauquiez dénonce "l'aveuglement et l'inaction" du ministre de l'intérieur Gérard Collomb. Nicolas Dupont-Aignan alimente, lui, aussi la polémique: "Il faut soigner le mal à la source en interdisant le salafisme en France, et rétablir l'Etat d'urgence" écrit-il sur Twitter.

Le débat se cristallise notamment sur le système des fiches S. "A quoi servent-elles?" tweete Marine Le Pen. L'assaillant était fiché depuis 2016. Laurent Wauquiez, lui, en profite pour remettre certaines de ses propositions choc sur la table: internement préventif des fichés S les plus dangereux, expulsion de ceux qui n'ont pas la nationalité française ou encore la création d'un délit d'incitation à la haine de la France. 

"Nous sommes en guerre et notre arsenal judiciaire n'est pas suffisant"

De son côté, la 1ère vice-présidente des Républicains, Virginie Calmels, veut aller plus loin, comme l'a indiqué sur BFMTV: "Les fichés S qui sont en situation irrégulière sur notre territoire ne devraient plus y être. Pourquoi ils ne sont pas expulsés? Il faudrait pouvoir diagnostiquer ceux qui sont les plus dangereux et aller vers la rétention. Ca peut signifier des modifications de la Constitution. Et c'est ça que nous demandons aujourd'hui. Nous sommes en guerre et notre arsenal judiciaire n'est pas suffisant".

Naturalisé français à l'âge de 13 ans, Khamzat Azimov n'avait pas d'antécédents judiciaires. Il était inscrit au FSPRT, le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation islamiste, en raison de ses relations, mais pas pour son comportement. Les fiches S concernent près de 20000 personnes, aujourd'hui. 

Pour Sébastien Pietrasanta, ancien député socialiste et rapporteur de la commission d'enquête sur les attentats, : "C'est impossible de mettre une surveillance physique, humaine derrière chaque individu. Aujourd'hui, on a plusieurs milliers d'individus à surveiller. La justice se prononce à partir d'éléments matériels, on ne peut pas mettre en détention préventive des individus qui n'auraient aucun élément matériel qui prouverait leur passage à l'acte".

Pour surveiller une personne 24h/24, il faudrait entre 15 et 30 fonctionnaires. L'assaillant de Paris n'était pas référencé comme personne à surveiller en priorité.

Anaïs Bouitcha et X.A