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Attaque dans le 18e: "J'ai entendu la police lui crier de reculer"

TEMOIGNAGES - Un individu a été tué par balles ce jeudi à midi, devant un commissariat du 18ème arrondissement de Paris, alors qu'il tentait de s'en prendre à des policiers à l'aide d'un hachoir et d'un engin explosif, qui s'est avéré factice. RMC a rencontré des témoins de cette scène.

Un an jour pour jour après Charlie, un homme a été abattu en attaquant le commissariat de la Goutte-d'Or, dans le 18ème arrondissement de Paris. Plus précisément, ce jeudi vers 11h30, un homme s'est présenté armé d'un hachoir de boucher devant ce commissariat. Il a menacé les policiers qui gardaient l'entrée du bâtiment en criant "Allah Akbar". Il a refusé d'obéir aux sommations d'usage et les policiers ont fait feu, tuant l'assaillant.

A ce moment-là, Zak prenait un thé avec des amis, à 20 mètres du commissariat. Il a donc vu l'assaillant arrivé: "Il s'est présenté tranquillement devant le commissariat, raconte-t-il à RMC. Ils ont discuté. On n'a pas fait attention… C'était quelqu'un de très mince, habillé avec une veste bleue, un peu militaire, et un jean. Simplement quoi…". Et d'assurer: "Ce n'était pas quelqu'un du quartier". Plusieurs autres témoins que nous avons pu rencontrer l'assurent: l'assaillant n'est pas arrivé en courant vers les deux policiers.

"J'ai ouvert la fenêtre et les tirs sont partis"

Depuis le renforcement du plan Vigipirate, pour entrer dans ce commissariat il faut d'abord se soumettre à un contrôle d'identité devant la porte d'entrée. C'est donc à ce moment-là, après avoir échangé quelques instants avec les policiers que le ton serait rapidement monté. Selon les témoins, un premier coup de feu a alors été tiré. Puis plusieurs autres ont suivi quelques secondes plus tard.

"Juste avant les coups de feu j'ai entendu la police lui crier de reculer, se souvient Mehdi, qui habite juste au-dessus du commissariat. J'ai ouvert la fenêtre et les tirs sont partis. Après, il ne s'est rien passé pendant près de trente minutes, jusqu'à ce que des policiers viennent lui déchirer sa veste. En dessous, ils ont trouvé une sorte de boitier entouré de plastique et de scotch et duquel partait un long fil". "Les démineurs sont donc arrivés et ils se sont rendus compte que la bombe était factice", ajoute-t-il. Comme tous ces voisins, Medhi n'a pu rentrer chez lui qu'en fin de journée, une fois le périmètre de sécurité levé.

M.R avec Céline Martelet