RMC

Attentat en Isère: "Cela rappelle ce qu'il se passe en Syrie"

Louis Caprioli, ancien sous-directeur chargé de la lutte contre le terrorisme à la Direction de la surveillance du territoire, a réagi en direct sur RMC à propos de l'attentat qui a eu lieu ce vendredi matin en Isère.

Une forte explosion a frappé une entreprise de Saint-Quentin-Fallavier, dans l'Isère, vendredi matin vers 10 heures. Au cours de cette attaque, une voiture a foncé pour forcer le barrage à l’entrée de l’usine de gaz industriels avant de percuter des bombonnes de gaz. Un homme est entré dans l'usine avec un drapeau islamiste. Le quartier a été bouclé par les forces de l'ordre et les pompiers sont sur place. Plusieurs victimes seraient à déplorer dont une personne qui a été décapitée à l'entrée de la société. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve se rend immédiatement sur place.

"Les dégâts auraient pu être considérables"

"Je ne suis pas surpris que ce genre d'attentat se déroule parce que malheureusement la France a été de longue date désignée comme une cible, assure sur RMC Louis Caprioli, ancien sous-directeur chargé de la lutte contre le terrorisme à la Direction de la surveillance du territoire (DST , actuelle DCRI). Ce qui m'étonne c'est la cible choisie, même s'il s'agit d'une cible intéressante. C'est une usine classée Seveso, donc très vulnérable. Les dégâts auraient donc être considérables dans l'usine comme pour la population environnante. C'est ça le plus inquiétant".

Le fait que l'auteur présumé de l'attaque ait été interpellé dénote, selon cet expert, qu'"il y a tout de même une forme d'amateurisme dans l'attaque telle qu'on nous la rapporte actuellement". Et de poursuivre son explication: "Ce type d'usine est assez sensible mais l'amateurisme de l'attaque fait qu'a priori il n'y a pas beaucoup de dégâts".

"Tous les scénarios ont été étudiés"

De plus, un corps décapité a été retrouvé à proximité de l'entrée à côté duquel a été retrouvé deux drapeau islamistes, un blanc et un noir avec des inscriptions en arabe. La tête a aussi été retrouvée accrochée à un grillage, recouverte d'inscriptions en arabe. Pour Louis Caprioli, "cela rappelle ce qu'il se passe actuellement en Syrie et en Irak et le mode opératoire de Daesh". "Mais, ajoute-t-il, il faut voir aussi s'il avait une caméra GoPro pour filmer tout cela, savoir s'il avait l'intention de mettre ça sur un site de Daesh ".

Cet ancien de la DST souligne que "tous les scénarios d'attentat ont été étudié, celui-ci compris. On a même étudié la possibilité d'une attaque contre une centrale nucléaire. Et c'est vrai que les secteurs d'activité d'importance vitale font partie des cibles potentielles car très sensibles.". "Le message de terreur va être reçu 5 sur 5 car ce type de décapitation va faire parler. Même si l'attentat est un échec, cette décapitation va permettre de faire parler de l'attaque dans le monde entier. C'est peut-être cela le message principal".

Maxime Ricard