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Attentat en Tunisie: "Le problème n'est pas tunisien, français, algérien ou libyen mais global"

L'attaque au musée Bardo a fait au moins vingt morts

L'attaque au musée Bardo a fait au moins vingt morts - FETHI BELAID / AFP

Après l'attentat qui a fait au moins vingt morts, dont deux Français, mercredi au musée Bardo situé en plein Tunis, Béji Caïd Essebsi, le président tunisien a promis de "combattre sans pitié" le terrorisme. Mais pour Pierre Servent, colonel de réserve, la Tunisie manque de moyens pour y parvenir.

La Tunisie est frappée de plein fouet par le terrorisme. Ce mercredi, dix-sept touristes étrangers, dont deux Français, et deux Tunisiens ont été tués en plein Tunis dans une attaque menée par des hommes armés au musée du Bardo. Il s'agit de la première attaque meurtrière à viser des étrangers depuis la révolution tunisienne. Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a promis de "combattre sans pitié" le terrorisme. "Je veux que le peuple tunisien comprenne que nous sommes en guerre contre le terrorisme", a-t-il insisté.

Mais pour Pierre Servent colonel de réserve, la Tunisie manque de moyens pour y parvenir. "Les forces armées tunisiennes ne sont pas suffisamment équipées et entraînées. La Tunisie est sous dotée par rapport aux menaces et aux risques d'explosion intérieure: c'est-à-dire qu'elle n'a pas suffisamment de forces de police et de sécurité", analyse-t-il pour RMC. Et d'ajouter, quelque peu optimiste: "Cela ne veut pas dire qu'elle n'a pas pris le problème en compte".

"Ne pas jeter la pierre à la Tunisie"

Pour preuve: "Elle s'est attaquée aux camps d'entraînement de jihadistes depuis plusieurs années. Elle en a démantelé et c'est d'ailleurs pour cela que les forces de police locales sont victimes d'attaques. Mais il n'y a pas encore suffisamment de moyens d'entraînement, de capacités d'écoute, de renseignement".

Pour Pierre Servent, il est important de "ne pas jeter la pierre à la Tunisie" et comprendre que "le problème n'est pas tunisien, français, algérien ou libyen mais global. Il faut donc un sursaut et agir en soutien de la Tunisie et non dire aux Tunisiens, 'c'est votre problème, débrouillez-vous'".

Maxime Ricard avec Antoine Perrin