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Attentats de Paris: "C'est un vrai succès du renseignement français", dit Alain Bauer

Alain Bauer, dans les studios de RMC (Photo d'archives).

Alain Bauer, dans les studios de RMC (Photo d'archives). - RMC

Le criminologue Alain Bauer, consultant en sécurité, a félicité les services de renseignement après l'assaut mené contre des terroristes présumés à Saint-Denis, ce mercredi matin. Il pointe toutefois du doigt le manque de surveillance internationale des services français, alors que la cible du Raid aurait été Abdelhamid Abaaoud.

Cinq jours après les attentats de Paris, l'assaut des forces de police ce mercredi matin contre un appartement dans lequel se trouvaient des terroristes présumés, dont peut-être le cerveau des attentats du 13 novembre, est pour le criminologue Alain Bauer un "vrai succès du renseignement français". Sur RMC, le consultant en sécurité s'est réjoui de l'efficacité des services qui ont logé ces suspects. "C'est un vrai succès du renseignement opérationnel et du renseignement judiciaire, puisque c'est la police judiciaire qui a remonté cette filière depuis les attentats du 13 novembre".

"Abaaoud, un superviseur qui aime être proche du terrain"

La présence possible d'Abdelhamid Abaaoud dans l'appartement ne surprend pas Alain Bauer. "Ce n'est pas une surprise, car c'est un superviseur qui intervient beaucoup à proximité des attentats, il aime bien être proche du terrain, et donc l'idée qu'il pouvait être encore sur le territoire ou pas trop loin avait été émise assez rapidement", explique-t-il.

"Dans son communiqué (de revendication des attentats), l’État Islamique parlait de 8 frères - nous en avons trouvé 7-, que les attentats devaient avoir lieu aussi dans le 18e arrondissement - où rien ne s'était produit et là où le troisième véhicule a été trouvé -. S'il y avait bien un huitième homme, si le 18e était aussi ciblé, si la voiture était dans le 18e, et si on trouve des éléments remontant au superviseur, c'est donc qu'Abdelhamid Abaaoud, si c'est bien lui le commanditaire, était dans les parages. Ce qui a été réalisé avec la plus grande efficacité".

Pour Alain Bauer, la question qui se pose, s'il fait partie des personnes interceptées ce mercredi matin, c'est de savoir si sa présence était justifiée par la volonté de "récupérer une équipe (de terroristes)" ou de "finir le travail" par une nouvelle action.

"On ne peut pas à la fois dire oui à la libre circulation et dire oui à la surveillance"

Au-delà du succès de l'opération et de l'efficacité du renseignement pour loger ces terroristes présumés, pour Alain Bauer, la présence supposée sur notre territoire du cerveau des attentats, pourtant sous le coup d'un mandat international, "pose quand même la question de la surveillance de ces Français et Belges qui partent en Syrie et reviennent sans être inquiétés". 

"Nous avons refait pour la deuxième fois la ligne Maginot", déplore le criminologue, qui souligne que "les services français sont très bons pour surveiller les Français et les étrangers en France, mais pas ceux qui résident à l'étranger, alors que les Belges sont confrontés au problème inverse. Et quand vous avez une base arrière comme la Belgique, déjà signalés comme un problème préoccupant en matière d'islamisme radicale et de jihadisation, on se rend bien compte des effets de la déconstruction des frontières pour faire de la libre circulation. On ne peut pas à la fois dire oui à la libre circulation et dire oui à la surveillance. Il faut choisir".

P. Gril avec A. Marschall et O. truchot