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Barrage de Sivens: "J'ai été victime de violences policières"

Le bilan aurait pu être plus lourd à Sivens

Le bilan aurait pu être plus lourd à Sivens - AFP

Camille (prénom d'emprunt) était là au moment des affrontements qui ont coûté la vie à Rémi Fraisse. Ce jeudi matin, elle témoigne sur RMC de ce qu'elle a vu et de ce qu'elle a subi ce soir-là. Elle annonce qu'elle portera plainte dans les prochains jours.

La mort de Rémi Fraisse vire à la foire d'empoigne politique. Mais alors que la polémique politicienne ne cesse d'enfler, l'enquête sur les circonstances de ce décès se poursuit. Ainsi, ce mercredi, le parquet de Toulouse a ouvert une information judiciaire contre X pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par une personne dépositaire de l'autorité publique". Des traces de TNT ont été découvertes sur les vêtements de Rémi, l'enquête privilégie désormais la thèse d'un décès dû à l'explosion d'une grenade offensive lancée par un militaire, comme l'a indiqué le procureur de la République d'Albi, Claude Dérens.

"J'ai été paralysée au sol"

Il s'agit du premier décès d'un manifestant dans ces conditions depuis celui de Vital Michalon, tué le 31 juillet 1977, lors d'une manifestation à Creys-Malville (Isère) lors d'un rassemblement anti-nucléaire. Mais, à Sivens, le bilan aurait pu être plus lourd. En effet, Camille (prénom d'emprunt) était là au moment des affrontements qui ont coûté la vie à Rémi. Ce jeudi sur RMC, cette jeune fille de 19 ans, qui se présent comme sympathisante écologiste et non une casseuse ou une extrémiste, affirme en effet avoir subi des violences policières ce soir-là.

"Samedi, la police canardait dans tous les sens. Je me suis avancée vers là où Rémi a été abattu… La police continuait de tirer, et ce à hauteur d'hommes. Des gens pouvaient donc être touchés. Je me suis approchée d'eux (les policiers) en me disant que je ne pourrai pas être touchée…Ils m'ont éclairé, ils m'ont donc bien vu… Et tout d'un coup j'ai volé en arrière… Je pense que j'ai reçu une grenade assourdissante près de moi... J'ai été paralysée au sol… J'ai hurlé pour que des gens voient ce qu'il venait de se passer" témoigne-t-elle dans Bourdin Direct.

"J'aurai pu mourir"

La suite ? "Très vite, j'ai été entourée par les CRS avec leurs boucliers. Ils m'ont traîné vers leur fourgon. Ils m'ont interrogé sur le pourquoi on caillassait mais sans me laisser parler… Et là, un policier m'a mis une droite… Je suis tombée directement puis je suis partie vers la forêt. J'étais complètement sonnée".

Camille dénonce donc ces violences policières. Elle assure "qu'elle aurait pu mourir" ce soir-là, "tout comme la personne qui se trouvait derrière moi". Elle ajoute que "c'est la première fois" qu'elle assistait à "des scènes aussi violentes" et ce pendant "vraiment longtemps". D'en conclure, "ça fait peur". Camille a indiqué enfin qu'elle allait porter plainte dans les jours qui viennent.

Maxime Ricard avec Guillaume Chièze